
Depuis quelques temps, les médias et hommes de médias de notre pays traversent des moments difficiles. En plus de la fermeture des médias les plus suivis du pays (Djoma Médias, Espace FM et Groupe Fréquence Médias), de nombreux journalistes sont plongés dans la précarité par cet acte liberticide. A cela s’ajoutent les menaces permanentes sur certains journalistes, surveillés, menacés, intimidés, filés. Dur d’être journaliste au pays de Mamadi Doumbouya !
De nombreux journalistes, victimes de l’arbitraire, broient du noir. La fermeture de ces groupes de médias est venue aggraver une situation devenue inconfortable depuis plusieurs mois. Comme si cela ne suffisait pas, des journalistes sont encore dans l’œil du cyclone.
Sékou Jamal Pendessa, secrétaire général du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) le confirme dans l’interview accordée à RFI ce mercredi 24 juillet 2024. Des hommes, parfois armés, sont à la trousse de certains journalistes reconnus pour leur liberté de ton. « Ils sont rentrés, malheureusement, jusque dans la salle de conférence (de la Maison de la Presse, ndlr), en faisant semblant, comme s’ils étaient des journalistes… mais on se connaît entre nous. Ils ont finalement dit qu’ils étaient des agents secrets. Certains avaient des armes sur eux ! ». Qui l’eut cru ?
Et notre confrère de faire une autre révélation. « Ma rue est l’une des plus surveillées de Conakry », dit-il, narquois. De nombreux confrères sont aujourd’hui dans la même situation, pris entre le marteau et l’enclume : Mamoudou Babila Kéita (inquisiteur.net), Abdoul Latif Diallo (depecheguinee.com), Habib Marouane Kamara (lerevelateur224.com), Mamadou Oury Dian (Groupe Fréquence Médias) et de nombreux autres qui ne se sont pas manifestés publiquement.
La chape de plomb continue de s’abattre sur les médias indépendants du pays, contribuant à alimenter toutes sortes de rumeurs. Un terreau fertile pour les officines de fabrications de fake news et de contrevérités. Fermer les médias indépendants est à la fois un recul et un couteau à double tranchant. Que ne nous nous a-t-on pas servi ces derniers jours sur l’enlèvement de Foniké Menguè et Billo Bah ?
Les autorités actuelles ont démontré qu’elles peuvent « s’inspirer du passé ». Sauf qu’elles ont même excellé dans cette imitation des mauvaises pratiques des régimes passés. Pour un pays qui a un passé aussi douloureux que le nôtre, on doit plutôt en tirer les leçons, au lieu de s’en inspirer.
Alpha Mamadou Diallo
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