
En Tunisie, il y a deux ans, un communiqué polémique de la présidence tunisienne qui affirmait que l’immigration des Subsahariens relevait d’un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique du pays avait provoqué un tollé sur le plan international et entraîné un resserrement sécuritaire sur les migrants subsahariens dans le pays. Deux ans plus tard, les conditions de vie des migrants subsahariens en situation irrégulière en Tunisie se sont considérablement détériorées alors que les autorités continuent les interceptions en mer et les déportations pour empêcher leurs départs vers l’Europe.
Après deux ans de campagnes sécuritaires contre les migrants subsahariens, de rapatriements vers les pays d’origine, de campagnes haineuses et racistes sur les réseaux sociaux à leur encontre, et des refoulements de plusieurs milliers d’entre eux aux frontières algériennes et libyennes, le bilan de la politique migratoire en Tunisie pose question.
En Tunisie, les autorités nient tout traitement inhumain des migrants et mettent en avant les chiffres de contrôle des flux migratoires. Le pays a assuré le retour volontaire de 7 250 migrants irréguliers subsahariens dans leur pays d’origine en 2024, en collaboration avec l’Organisation internationale de la migration. Soit le triple des chiffres de 2023.
Près de 80 000 migrants interceptés en mer et sur terre
Cependant, plus de 20 000 migrants seraient toujours présents dans la région d’El Hamra à l’est du pays, où la majorité vit dans des champs d’oliviers, attendant l’opportunité d’un départ en mer. En 2024, les autorités tunisiennes disent avoir intercepté en mer et sur terre 80 000 Subsahariens et démantelé 96 camps de fortune.
Les dérapages de politiques sur la question migratoire sont encore fréquents, comme récemment, une députée qui a suggéré le contrôle des naissances des femmes migrantes après une recrudescence de celles-ci observé à l’hôpital de Sfax. Plusieurs associations ont dénoncé ces propos et appellent l’État à ne pas rester passif face aux discours racistes.
Radio France Internationale (RFI)
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