Les grands péchés impardonnables de Constant Mutamba (Opinion)

constant-mutamba Les grands péchés impardonnables de Constant Mutamba (Opinion)

En politique, il existe des règles dont la transgression mène tout droit à la chute. Que chaque homme politique rêve du sommet, rien de plus normal. Mais l’ascension n’est pas une question de rêve, elle relève d’un art subtil, d’un talent rare, que peu savent manier.

Machiavel nous l’avait rappelé dans Le Prince : « Pour mieux réussir, il faut cacher ses intentions. » Or, ceux qui dévoilent trop tôt leur ambition s’exposent à périr dès le premier obstacle. Constant Mutamba (ancien ministre de la Justice de la RDC, condamné à 3 ans de travaux forcés et à 5 ans d’interdiction de toute fonction publique, ndlr) a franchi cette ligne rouge.

Il a aussi répété l’erreur fatale décrite par Robert Greene dans Les 48 lois du pouvoir, en violant la première d’entre elles : « Ne jamais surpasser le maître. »

Être plus brillant que son patron est un destin risqué : les chefs n’aiment pas les serviteurs qui leur volent la vedette. Mutamba a ignoré ce principe.

Son acte de condamnation des Kuluna, ses prises de parole flamboyantes lors des États généraux de la justice congolaise, ses discours tranchants contre l’impunité tout cela avait fait de lui un héros national.

Sa bravoure, saluée à la fois au pays et à l’extérieur, lui a valu l’admiration du peuple… mais la rancune du palais.

Problème de timing : ces éclats se produisaient au moment même où le maître perdait sa popularité sous la pression du M23. En d’autres termes, Mutamba a choisi de briller quand son chef sombrait. Pire erreur stratégique possible.

Et pourtant, la guerre de Mutamba contre l’injustice semblait sincère. Mais là encore, Machiavel avait prévenu : « Celui qui veut être parfaitement honnête au milieu des gens malhonnêtes finira tôt ou tard par périr. »

Mutamba n’a pas seulement péché contre ses adversaires : il a péché contre les lois invisibles du pouvoir. Et en Afrique, ces lois ne pardonnent jamais.

Ousmane Bangoura

Partagez :