
Sorydjan Keita est le seul représentant masculin de la Guinée aux Championnats du monde de cyclisme au Rwanda. Il sera aligné sur la course junior vendredi 26 septembre. Celui qui a découvert le cyclisme en regardant le Tour de France savoure cette expérience unique.
« Cela va être compliqué, il y a beaucoup de côtes ». Pour ses tout premiers Championnats du monde, le Guinéen Sorydjan Keita est gâté. Celui qui sera le seul représentant masculin de son pays a déjà posé ses roues sur le sol rwandais lors du contre-la-montre junior (17 et 18 ans), mardi 23 septembre. C’est dans cette catégorie qu’il défendra les couleurs de la Guinée lors de la course sur route vendredi.
Né à Zurich, en Suisse, d’une mère Belge et d’un père Guinéen, Sorydjan Keita est monté sur un vélo à l’âge de 10 ans. Installé en Guinée depuis huit ans, il a été contacté par la fédération guinéenne de cyclisme en vue de ce Mondial au Rwanda. Chaque année, le jeune coureur passe ses étés en France, où il a aussi vécu, et s’efforce de se confronter aux coureurs de la catégorie élite.
Comme le Slovène Tadej Pogacar, le Belge Remco Evenepoel ou la Néerlandaise Demi Vollering, Sorydjan Keita a reconnu mercredi 24 septembre une partie du parcours sous le soleil et sous les yeux de la population de Kigali. Celui qui est tombé amoureux du cyclisme en regardant le Tour de France a donc mesuré les difficultés qu’il va devoir affronter pour venir à bout d’une course de 120 kilomètres, et surtout ressenti le poids de ce rendez-vous. « C’est super que beaucoup de pays du continent soient ici pour montrer que le cyclisme africain a du potentiel et peut continuer à se développer », se réjouit Sorydjan Keita.
Sorydjan Keita, qui est en terminale dans un lycée de Conakry et qui aimerait faire des études de commerce, prépare ce Championnat du monde depuis le début de l’année. « Le cyclisme m’a permis d’être plus rigoureux dans la vie et m’a forcé à aller au bout de mes idées. J’aime la discipline qu’impose mon sport », raconte-t-il avec maturité. Sorydjan Keita va devoir puiser au plus profond de lui-même pour au minimum terminer l’épreuve, sur un parcours si exigeant que personne ne pourra se cacher. Surtout, il espère que ces Mondiaux ne seront pas les seuls de sa jeune carrière. Il aimerait aussi participer aux Jeux olympiques de la jeunesse de 2026 à Dakar au Sénégal.
Plus rouleur que grimpeur, Sorydjan Keita a un modèle dans son sport, le Belge Wout van Aert qui n’est pas présent à Kigali. « Il sait tout faire, il est très technique et très puissant sur son vélo », s’enthousiasme-t-il. Le jeune guinéen n’aura malheureusement pas l’occasion de croiser son coureur préféré. Mais d’autres cadors du peloton international sont là pour lui donner des étoiles dans les yeux.
La culture du cyclisme est loin d’être présente en Guinée. À Kigali, Sorydjan Keita n’est accompagné que de Mamadama Bangoura qui sera alignée sur la course des féminines de moins de 23 ans. Tous les deux font partie des presque 1000 cyclistes venus de 110 pays. Plus de cent ans après leur création en 1921, les Mondiaux, après être allés au Venezuela, au Japon ou en Australie, font la joie du continent africain, sur lequel ce sport très européen n’avait encore jamais posé ses roues.
Radio France Internationale (RFI)
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