CAN Maroc 2025 : le général-président dans la tanière des Panthères du Gabon !

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Mon général, le football ce n’est qu’un jeu, après tout ! Renvoyées prématurément à la maison, soit dès la phase de groupes de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations que le Maroc abrite du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, les Panthères du Gabon, en plus des trois défaites successives sur le terrain, ont également subi la foudre de leurs autorités politiques. C’est ainsi que sur instructions du président de la république, Brice Clotaire Oligui Nguema, le staff technique a été dissous, l’équipe nationale suspendue jusqu’à nouvel ordre et des cadres comme le valeureux capitaine Bruno Ecuélé Manga et l’immense Pierre Emerick Aubameyang mis à l’écart ! Rien moins que ça !

Le général Oligui qui semble ne pas faire la différence entre le jeu et la guerre, est remonté dans le temps, pour marcher dans les pas de Feu Robert Guéï, un autre général qui n’avait pas trouvé que d’envoyer directement, à leur descente d’avion, les Eléphants de Côte d’Ivoire, dans un camp militaire à Zambakro. Deux jours de formation militaire pour remettre au pas, Ibrahima Bakayoko, Cyril Domoraud, Lassina Diabaté et leurs co-équipiers.

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Pierre Emerick Aubameyang

Tout comme les Ivoiriens à la CAN 2000, l’échec de Pierre Emerick Aubameyang et de ses camarades au premier tour de la fête du football au Royaume chérifien, a visiblement contrarié le président-général, au point de lui faire oublier qu’il n’avait pas affaire à des soldats en treillis, mais en crampons, de simples footballeurs qui, certes sont allés défendre les couleurs nationales, mais dans un jeu !

Car, le football, tout sport-roi qu’il est et malgré l’envergure commerciale qu’il a prise de nos jours, demeure un jeu dans lequel onze bonhommes, face à onze adversaires, courent derrière un ballon pour gagner un match ! Et s’il y a un vainqueur, c’est qu’il y a un vaincu ! Et ça, le général-président le sait-il ? Comme les Panthères du Gabon, qui sont certainement arrivées au Maroc pour séduire Dame coupe et retourner à Libreville à son bras, les Lions camerounais, les Eléphants ivoiriens et les Mambas du Mozambique, de grands pays de football, y étaient, tout autant motivés. Et ça le général-président ne devait pas l’ignorer !

La Côte d’Ivoire qui a été malmenée par les Gabonais pendant toute une mi-temps, est championne d’Afrique en titre, arborant fièrement trois étoiles sur sa tunique orange. Et ça, le général-président en a-t-il tenu compte avant de condamner sans jugement ses joueurs ? Le Cameroun qui n’a défait le Gabon que par 1-0 dans ce premier tour, est détenteur de cinq trophées de la CAN, juste derrière les Pharaons d’Egypte, recordmans des victoires de cette compétition, avec sept victoires. Et ça, le général-président le savait-il ? Le Gabon qui vient, malheureusement d’être sorti de la CAN, n’a échoué qu’aux pieds de la qualification de la prochaine coupe du monde, lors des barrages zone Afrique. Et ça, le général-président en a-t-il tenu compte avant de faire le ménage dans la tanière des Panthères ?

Non, le politique ne doit pas s’octroyer ce droit d’ingérence sans limite dans le sport, au risque de jeter en pâture les athlètes et compromettre inévitablement leurs carrières, surtout celles des joueurs qui gagnent leur vie dans les clubs à l’international. Le général-président qui vient de nommer un nouveau gouvernement, donc un nouveau ministre des sports, a encore la possibilité de redresser la barre pour le bonheur du football gabonais. Certes, il aurait bien voulu profiter de l’euphorie qu’aurait provoquée la victoire des Panthères au Maroc pour mettre du baume sur le climat socio-politique, ou mieux, auréoler son mandat d’une étoile africaine ! Mais est-ce pour autant qu’il faut prendre ces mesures précipitées, dont les conséquences pourraient être encore plus préjudiciables pour le sport gabonais ? Ce foot qui, peut-être, a besoin d’un véritable diagnostic en profondeur et d’un traitement mieux élaboré, comme déjà des compétitions nationales régulières et bien menées, avant de chercher à rayonner sur l’Afrique !

Par Wakat Séra (Burkina Faso)

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