Incidents à la CAN 2025 : les Sénégalais, coupables ou victimes ?

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La finale de la 35e édition de la CAN-Maroc 2025 fera encore couler, pendant longtemps, beaucoup d’encre et de salive. Remportée par les Lions de la Teranga qui ont battu les Lions de l’Atlas par 1-0 après prolongations, cette rencontre, annoncée comme électrique, a tenu toutes ses promesses. Elle a même conjugué le meilleur et le pire, à cause d’un arbitre congolais, Jean-Jacques Ngambo Ndala c’est son nom. Pourtant, l’homme en noir, avant cette catastrophe incompréhensible et inacceptable de fin de match, maîtrisait ce duel de fauves, qui devait forcément chasser des Lions dans leur tanière et consacrer d’autres rois de l’Afrique.

Croyant faire du bien au pays hôte qui, pourtant, tenait la dragée haute à son adversaire du jour, Jean-Jacques Ngambo Ndala, qui a, totalement fait fi de l’impartialité qui devait constituer son ADN de juge, a choisi de refuser un précieux but aux Lions sénégalais pour une poussette, et quelques minutes plus tard, d’accorder un pénalty aux Lions marocains, pour une autre poussette. En somme, c’était de l’arbitrage à double vitesse ! Cet acte qui n’avait rien des erreurs classiques des arbitres acceptées avec indulgence par joueurs et supporters, a logiquement provoqué l’ire des Sénégalais qui, se sentant frustrés, sont sortis de la pelouse, avant d’y revenir plus tard pour…gagner. Des péripéties au bout desquelles les « Gaïndé » sénégalais, ont ajouté une étoile à leur maillot, en plus de celle décrochée en 2021.

Sauf que cette victoire sénégalaise, risque d’avoir un arrière- goût bien amer, après la houle d’euphorie qui s’est emparée de tout un peuple et même de l’Afrique de l’ouest qui a placé deux équipes dans le carré d’as, tout comme le Maghreb, d’ailleurs. Le Sénégal risque de lourdes sanctions dont, entre autres, « une amende pouvant aller de 50 000 à 100 000 euros pour avoir quitté le terrain, une suspension pour le staff, notamment l’entraîneur Pape Thiaw de 4 à 6 matchs officiels, des matchs à domicile à huis clos pour envahissement de terrain et violences des supporters et une amende supplémentaire pour les mêmes faits ». Comme le dit le proverbe, les Sénégalais vont récolter ce qu’ils ont semé, car le respect du règlement et le fair-play ne doivent pas être négociables dans le football qui, malgré tous les enjeux économiques et même politiques qui l’entourent, demeure un jeu !

Mais face à ce comportement indécent de l’arbitre qui réduisait à néant tous les efforts qu’ils ont fournis, grâce à leur mental d’acier, les Sénégalais doivent pouvoir bénéficier de circonstances atténuantes. Mieux, des joueurs qui quittent la pelouse ou des supporters qui envahissent le terrain pour protester contre une brimade flagrante, ce n’est pas une plaie au pied du seul foot africain, encore moins de la CAN. C’est loin d’être une honte pour l’Afrique, comme le déclarent, de façon péremptoire, les détracteurs d’un continent qui a toujours été infantilisé sur tous les terrains, au propre comme au figuré, alors qu’il est privé de ses athlètes qui sont rendus à leurs nations respectives, presque la veille de la plus prestigieuse compétition de football sous les tropiques.

Toujours pour le bonheur des championnats et autres tournois européens, la Confédération africaine de football, la CAF, peu ou prou diserte sur les misères des joueurs africains face à leurs employeurs occidentaux, a supprimé le Championnat d’Afrique des nations, le CHAN qui met en valeur les joueurs locaux. C’est un moindre mal, compte tenu des difficultés pour trouver des pays pour accueillir ce tournoi. Mais le pire pour le football africain, sera de de faire passer de deux à quatre ans, la fréquence la CAN ! Une option dans les tuyaux et qui ferait bien plaisir aux « patrons » et entraîneurs des clubs européens qui emploient des internationaux africains, eux qui veulent garder le plus longtemps possible, leurs employés. Par ailleurs, pense-t-on à tous ses passionnés qui vont devoir attendre une éternité pour faire la fête avec leurs footballeurs ? Que deviendront tous les commerçants qui profitent de la CAN pour donner du boost à leurs affaires ? A quelle sauce seront mangés tous les petits vendeurs, aux abords des stades ? Quid des retombées économiques générées par ce tournoi pour les pays organisateurs ? Et le chapelet de questions peut s’égrener encore et encore !

Malheureusement, c’est le pauvre qui a tort, comme le dit l’artiste !

Par Wakat Séra

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