
Les évènements qui secouent le monde en ce début d’année 2026 sont la meilleure illustration de la doctrine de la domination par la crainte et la force brutale inhumaine. C’est cette doctrine venue de l’extérieur qui a favorisé l’esclavage et la colonisation directe de peuples civilisés, vivant dans des structures bien organisées, avec des valeurs d’accueil et d’hospitalité comme l’étaient les peuples d’Afrique Noire.
Généralement affaiblis par des centaines d’années de soumission, ces peuples ont perdu les fondamentaux de la culture qui forge la Nation et qui est le creuset du patriotisme. L’élite qui a pris la relève immédiatement après les périodes maudites a été, soit soumise à d’odieux chantages ou à des menaces permanentes pour les plus courageux, soit noyée dans un système de corruption qui annihile tout sens de la Patrie ou de l’intérêt général, pour les plus nombreux. La colonisation indirecte actuelle découle de la même doctrine. Les prédateurs d’autrefois ont laissé derrière eux des aventuriers, souvent incultes et dépravés, totalement dépourvus de morale.
De nouveaux prédateurs ont vu le jour. En répondant au besoin urgent alimentaire ou de sécurité de certains pays, les nouveaux prédateurs séduisent une bonne frange de la jeunesse de ces pays. Les Africains doivent se garder de toujours vouloir se trouver des maîtres pour avancer en prenant leur destin en main. Ils doivent définitivement refuser les guerres internes téléguidées qui les empêchent de se concentrer sur l’essentiel : l’exploitation libre et paisible de leurs ressources pour l’éducation et le bonheur de leurs populations.
Si les dirigeants ne prennent pas le risque de se sacrifier pour l’unité effective du continent, l’Afrique est partie pour des centaines d’années de soumission, d’exploitation sauvage, de privation et de souffrances. Tant que les égos, les postures ridicules, les discours creux, la corruption et l’égocentrisme habiteront ceux-là qui président au destin des peuples, aucune avancée durable, notable et respectée ne verra le jour en Afrique en général, en Afrique Noire en particulier. Au fait, si malgré tout, rien de tout cela ne marche, l’Afrique pourra toujours se rabattre sur l’arme de la démographie en continuant de fabriquer des lettrés chômeurs et des analphabètes en masse, qui se répandront au prix de souffrances atroces et humiliantes dans les zones dites développées et vieillissantes d’Europe, d’Amérique et d’Ailleurs, pour contribuer à transformer le monde en une termitière géante de misère !
Si les dirigeants d’Afrique Noire veulent malgré tout limiter les dégâts et cela est encore possible, quelques options s‘offrent à eux pour éviter l’indigence et la déchéance des droits élémentaires à leurs populations :
1. La conscience que pour garantir une paix durable, il faut se donner les moyens de pouvoir mener une guerre, par l’intelligence et par les armes si nécessaire dans la durée ;
2. Le sens et l’acceptation du sacrifice personnel et collectif, notamment par une ardeur obsessionnelle au travail productif et un sens immodéré de la Justice ;
3. La monnaie commune, qui est la meilleure preuve d’une volonté de vivre et de décider ensemble ;
4. La structure politique fédérale avec une armée fédérale, la formation de soldats et d’experts de classe mondiale, le développement progressif, dans le silence et la discrétion, d’armes majeures de dissuasion ;
5. La priorité absolue (au moins 40% du Budget National pendant 15 ans minimum) à l’éducation de masse et de qualité ;
6. L’enseignement obligatoire partagé et maitrisé de l’Histoire, de l’Histoire comparée, de toute l’Histoire, et, la mise en valeur des Cultures propres aux Nations africaines ;
7. La politique concertée de gestion (extraction/exploitation /transformation/ Commercialisation) des ressources naturelles ;
8. La politique foncière partagée et maîtrisée, dans l’intérêt des Nations ;
9. L’approche systématique de partenariats « gagnant-gagnant » partagée et maîtrisée, dans tous les autres secteurs de développement économique et social ;
10. L’éducation civique basée notamment sur le respect mutuel, le respect des règles communes, l’égalité des genres, l’importance de la santé physique et mentale, l’amour des siens, la tolérance et l’ouverture aux autres ;
11. En toutes circonstances, en tous lieux et en toutes matières, la conscience collective de la responsabilité individuelle, autrement dit, le Patriotisme économique et social.
Kémoko TOURÉ, Industriel- Écrivain
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