
« L’amitié entre le Sénégal est plus forte que les émotions », a affirmé le Premier ministre Ousmane Sonko, présent à Rabat dans le cadre de la 15e commission mixte entre les deux pays. Certes, le séjour du Premier ministre était programmé avant même la CAN-Maroc 2025, mais la date a peut-être été accélérée, pour essayer d’éteindre le feu allumé par cette finale du meilleur et du pire, remportée au bout de la nuit du 18 janvier par les Lions de la Teranga aux dépens de ceux de l’Atlas.
Et c’est bien difficile de croire Ousmane Sonko qui affirme que son voyage n’est pas celui de l’« apaisement » mais que de « confirmation, de dépassement et de refondation du lien à hauteur de deux nations qui se respectent, se reconnaissent et se projettent ensemble ». La tension est trop vive et même s’il s’en défend, le chef du gouvernement sénégalais est bien présent dans la capitale marocaine en costume strict de dirigeant politique, mais avec un casque de sapeur-pompier. Sauf qu’à la place du lance-flamme il avait un stylo qui n’a pas chôme, ayant signé jusqu’à 17 accords de coopération.

La diplomatie, il faut l’espérer, tombera la tempête née de cette soirée de football durant laquelle des coups de sifflet arbitraires d’un…arbitre qui, pourtant, était crédité d’un bon match, jusqu’à ce but refusé au Sénégal, pour poussette sans visiter et revisiter la séquence de jeu à la VAR et ce pénalty accordé en fin de partie au Maroc, après avoir consulté la même VAR. Les joueurs sénégalais quittent la pelouse. Les supporters mécontents essaient d’envahir le terrain. Sadio Mané et ses camarades reviennent des vestiaires pour assister au pénalty tiré par Brahim Diaz, le meilleur buteur du tournoi et arrêté par leur gardien, Edouard Mendy. Finalement, un joyau de Pape Guèye donne la victoire et la deuxième étoile de champion d’Afrique au Sénégal. Mais le mal était fait !
Le fair-play avait déserté le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, surchauffé. Les Lions sénégalais montent sur le toit de l’Afrique, mais 18 de leurs supporters eux descendent au sous-sol de la détention, accusés d’actes de hooliganisme. Si le Premier ministre sénégalais et sa délégation, traînent un peut à Rabat, ils auront sans doute la primeur du verdict du procès de leurs compatriotes, qui sera connu le jeudi 29 janvier !
Est-ce la fin de la partie où juste la mi-temps ? Les deux pays vont-ils jouer des prolongations par médias et réseaux sociaux interposés, après la commission mixte Maroc-Sénégal qui a permis aux chefs de gouvernement sénégalais et marocain de mettre « balle à terre » ? Ne faut-il pas passer par perte et profit ces attitudes anti-sportives de part et d’autre, et les mettre sur le compte de cette passion que seul le football est en mesure capable de provoquer ? Il urge que chaque camp retrouve la lucidité et la raison et ramène le football à sa seule dimension de jeu, qui connaît à la fin, un vainqueur et un vaincu. Les relations entre « frères » africains, comme l’a dit, du haut de sa sagesse royale, Mohamed VI, doivent prendre le dessus sur ces incidents qui ont failli faire perdre au football, son ADN de rassembleur.
Question : et si la CAF de Patrice Motsepe qui doit également se remettre en cause suite à ces dérapages du 18 janvier, organisait un match de gala entre le Sénégal et le Maroc, où toute la place sera faite au ballon rond et pour susciter des retrouvailles fraternelles entre supporters des deux équipes ?
Même si des lions ont été plus forts que d’autres lions, le « football c’est pas la guerre », a chanté l’artiste congolais Casimir Zhao !
Par Wakat Séra (Burkina Faso)
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