
Jusqu’où ira donc le pouvoir du général Brice Clotaire Oligui Nguema ? Certes, le régime s’est donné une virginité par les urnes, mais n’en garde pas moins les oripeaux du péché originel du coup de force contre le président Ali Bongo Ondimba qui, lui, a essayé de s’ouvrir un boulevard de président à vie, comme pour marcher dans les pas de son père, Feu Omar Bongo Ondimba.
En plein 21e siècle, le chef de l’Etat gabonais a décrété, le mardi 17 février, l’interdiction des réseaux sociaux. Un acte posé à l’heure où le monde est sous la coupe du numérique, de l’internet, et depuis un bout de temps, de l’Intelligence artificielle, avec le règne sans partage, et malheureusement sans discernement, des réseaux sociaux. Quelle mouche a donc pu bien piquer le général qui a troqué son treillis millaire contre le costume strict du président élu ? Non M. le président, il faut réguler !
Aujourd’hui, tous se passe sur les réseaux sociaux ! Le commerce, les actes administratifs, les demandes de visa, le bonjour matinal, les annonces de décès et de naissance, les moments de fou-rire, les nouvelles du fils, du neveu, de l’époux ou de l’épouse, de la mère ou du père, qui se trouvent à l’autre bout du monde, loin du cocon familial, les bulletins et notes de devoirs des enfants à l’école, les recherches des étudiants, les paris sportifs, les événements d’envergure, les réunions de travail, suivre un match de football ou de hockey, etc.

Le chapelet peut être égrené à l’infini ! Comme le disait l’autre, tout passe par, et sur, les réseaux sociaux ! Que ça soit sur Facebook, WhatsApp, X, TikTok, Telegram, LinkedIn, ou tout autre créneau peu connu, rien n’échappe à ces réseaux sociaux, qui il faut parfois, pour ne pas dire souvent, sont le véhicule des actes les plus répréhensibles, à même de provoquer mort d’homme ou des conflits entre pays ! La viralité de l’info sur les réseaux sociaux est impressionnante !
C’est à la vitesse de la lumière que l’information circule sur les réseaux sociaux, souvent au grand dam des médias classiques qui se donnent le temps indispensable d’opérer des recoupements de professionnels et de servir au public une information saine et vraie. Au risque de se retrouver face aux rigueurs du gendarme de l’information, qu’il s’appelle conseil supérieur ou haute autorité, la presse qu’elle soit écrite, numérique ou audio-visuelle, a, également constamment sur sa tête, ou sur sa main si vous préférez, l’épée de Damoclès nommée code de l’information qui contraint ses animateurs au respect de l’éthique et de la déontologie. A ces différents outils contraignants et même coercitifs, le code pénal et autres instruments juridiques, sont prêts à l’emploi contre tout organe de presse ou journaliste imprudent ou téméraire.
A contrario de cette rigueur exigée des professionnels des médias qui s’exposent facilement aux sanctions, parce que emportés par la vague du scoop, tout semble permis sur les réseaux sociaux transformés en vaste espace de non droit de l’information. Là, la désinformation, dans un flot de diffamation, de fakenews, de délation, d’injures, de mensonges, etc., et de tout ce qui est à l’opposé de l’éthique, de la déontologie, du bon sens, de la vérité, prospère, au gré de la mauvaise foi et parfois de la simple humeur, de personnes, cachées derrière l’écran du smartphone ou de l’ordinateur.
Mais autant ils sont mortifères autant ils servent la bonne cause, devenant donc un mal nécessaire, surtout pour une Afrique qui met rarement de la mesure dans l’utilisation de ces merveilles venues d’ailleurs. Régulez donc, Général Brice Clotaire Oligui Nguema, car l’Etat gabonais en a les moyens !
Par Wakat Séra
Partagez :