Dabola : les taxi-motos vent debout contre le doublement de la taxe mensuelle

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Une vive tension a secoué la ville de Dabola dans la matinée d’hier, dimanche 22 février 2026, à la suite de la décision d’augmenter la taxe mensuelle imposée aux conducteurs de taxi-motos. Le montant exigé est passé de 15 000 à 30 000 francs guinéens. Une hausse jugée brutale et insoutenable par les principaux concernés, qui ont aussitôt manifesté leur colère.

Dès les premières heures de la journée, plusieurs dizaines de conducteurs ont cessé toute activité, paralysant ainsi un moyen de transport essentiel pour une large partie de la population locale. Cette situation a rapidement plongé la ville dans une atmosphère tendue, rendant les déplacements difficiles pour de nombreux citoyens qui dépendent quotidiennement des taxi-motos pour leurs activités.

Au cours de la manifestation, la colère est montée d’un cran. Selon nos confrères de l’Agence guinéenne de presse (AGP), des manifestants ont procédé à la destruction du hangar servant de bureau à leur corporation, symbole selon eux d’une gestion qu’ils estiment opaque et déconnectée de leurs réalités socioéconomiques.

Interrogés sur place, plusieurs conducteurs ont exprimé leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme une décision unilatérale. « Nous ne pourrons jamais payer 30 000 francs guinéens par mois. Nos recettes journalières ne le permettent pas. En plus, nous ne voulons plus de Baïlo à la tête de notre organisation », ont lancé certains manifestants, dénonçant à la fois la hausse de la taxe et la direction actuelle de leur syndicat.

Face à l’ampleur de la contestation, les conducteurs de taxi-motos se sont rendus auprès de l’autorité morale de la localité, le Sotikèmo Elhadj Mamadou Saïba Fofana, afin de lui exposer leurs préoccupations et solliciter son arbitrage.

À l’issue des échanges, le Sotikèmo et les membres de son entourage ont assuré avoir pris bonne note des revendications. Ils ont promis d’interpeller la mairie ainsi que les responsables du syndicat des taxi-motos pour l’ouverture d’un cadre de dialogue en vue de trouver une solution concertée et durable à la crise, rapportent nos confrères.

« Nous allons appeler toutes les parties concernées pour discuter et voir comment résoudre ce problème. Mais en attendant, nous demandons aux conducteurs de rester calmes, d’éviter toute violence et de reprendre le travail dans un esprit de paix et de cohésion. »

Cette crise met en évidence les difficultés récurrentes liées à l’organisation et à la gouvernance du secteur du transport urbain à Dabola. Elle souligne également l’urgence d’un dialogue permanent et inclusif entre les autorités locales, les syndicats et les acteurs du transport, afin de prévenir de nouvelles tensions sociales susceptibles de perturber la vie économique et quotidienne des populations.

La rédaction

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