
Un important incendie d’origine encore indéterminée a causé de lourds dégâts environnementaux à quelques encablures de la commune urbaine de Mamou. Le sinistre, survenu il y a environ une semaine, a ravagé près de 150 hectares de la forêt classée de Thiewel, située dans le quartier Madina Scierie, suscitant une vive inquiétude au sein des autorités locales et des populations riveraines.
Selon nos informations, le feu s’est déclaré aux abords de la route de contournement menant vers Dabola, avant de se propager rapidement à la forêt voisine. Alimentées par la sécheresse et la végétation dense, les flammes ont progressé sur une vaste superficie, détruisant de nombreux arbres et laissant derrière elles un paysage calciné. L’incendie, difficile à maîtriser, a duré près de trois jours. Des étudiants de l’ENATEF ont été mis à contribution, avec des moyens rudimentaires, pour faire au sinistre, apprend-on.
Classée le 21 août 1969 avec une superficie initiale estimée à 600 hectares, la forêt de Thiewel a déjà connu une réduction significative de son étendue. D’après les données actualisées des services de l’environnement, elle ne couvre aujourd’hui plus que 470 hectares. Le dernier incendie vient ainsi aggraver une situation déjà préoccupante pour cette aire protégée, considérée comme un poumon écologique de la région.
Rencontré par nos confrères de l’Agence guinéenne de presse (AGP), le Lieutenant Ibrahima Keita, directeur préfectoral de l’Environnement et du Développement durable de Mamou, est revenu sur les circonstances de l’alerte et les premières interventions. « J’ai été informé par le directeur des études de l’ENATEF de Mamou de la présence d’un feu au niveau de la route de contournement. J’ai aussitôt dépêché le chef de section et le chargé des forêts pour une intervention rapide. À mon retour, je me suis rendu personnellement sur les lieux avec l’inspecteur régional de l’Enseignement technique et celui de l’Environnement afin d’évaluer l’ampleur des dégâts », a-t-il expliqué.
Selon le directeur préfectoral, le feu se serait déclaré à hauteur d’une station située le long de la route avant de gagner la forêt classée. Plusieurs arbres ont été complètement consumés, certains s’effondrant même sur la chaussée, rendant la circulation momentanément difficile.
« Nous estimons à ce stade que près de 150 hectares ont été ravagés en l’espace de trois jours. Les causes exactes de l’incendie restent inconnues. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités éventuelles », a-t-il précisé au micro de nos confrères.
Face à l’ampleur des dégâts, les autorités locales envisagent des mesures urgentes pour limiter les conséquences environnementales. Une vaste campagne de reboisement est notamment à l’étude afin de restaurer progressivement cette forêt classée et de préserver son rôle écologique. Les services compétents appellent également les populations à plus de vigilance, surtout en cette période de saison sèche propice aux feux de brousse.
Il convient de rappeler que cette zone revêt une importance stratégique majeure, car le fleuve Konkouré y prend sa source. Ce cours d’eau alimente plusieurs infrastructures hydroélectriques essentielles du pays, notamment le barrage de Garafiri (75 MW), le barrage de Souapiti (450 MW), le barrage de Kaléta (240 MW) et le barrage d’Amaria en cours de construction (300 MW. La dégradation continue de la forêt de Thiewel pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà de la seule préfecture de Mamou, affectant durablement l’équilibre écologique et les ressources en eau du pays.
Alhassane Diomandé Junior
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