Koundara assoiffée en plein Ramadan : quand l’eau devient un luxe

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La population de la commune urbaine de Koundara, relevant de la région de Boké, traverse une période particulièrement éprouvante en ce mois saint de Ramadan 2026. Confrontés à un manque criant d’eau potable, de nombreux ménages peinent à satisfaire leurs besoins quotidiens. Une situation aggravée par les exigences accrues liées au jeûne. Le constat y a été fait ce vendredi 27 février 2026 par nos confrères de l’Agence guinéenne de presse (AGP).

Selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, la quasi-totalité des bornes-fontaines censées desservir la ville fonctionne de manière irrégulière. Les rares points d’eau opérationnels offrent un service jugé précaire par les usagers, souvent contraints de faire de longues files d’attente sans garantie d’être servis. « Il arrive que l’eau coule quelques heures seulement dans la journée, parfois tard dans la nuit. C’est très difficile à gérer, surtout pendant le Ramadan », confie un habitant du centre-ville au micro de nos confrères.

image-175 Koundara assoiffée en plein Ramadan : quand l’eau devient un luxe

Face à cette situation, de nombreux ménages n’ont d’autre choix que de recourir à des solutions alternatives pour s’approvisionner en eau, une denrée indispensable tant pour la consommation que pour les besoins domestiques. Dans plusieurs quartiers de la ville, des conducteurs de motos tricycles se sont ainsi reconvertis dans la livraison d’eau potable. Ils sillonnent les rues pour approvisionner les familles, moyennant un tarif qualifié de modéré mais variable selon la distance à parcourir et la disponibilité de l’eau. « Nous n’avons pas le choix. Pendant le Ramadan, les besoins en eau augmentent et il faut bien s’adapter », explique un chef de famille rencontré sur place.

Des habitants rappellent qu’autrefois, les équidés (notamment les ânes) étaient couramment utilisés pour transporter l’eau à travers la ville. Aujourd’hui, ces pratiques traditionnelles ont cédé la place à des moyens motorisés, signe de l’évolution des modes d’approvisionnement, mais aussi révélateur des difficultés persistantes liées à l’insuffisance du réseau public de distribution d’eau potable.

Cette pénurie suscite de vives inquiétudes au sein de la population, qui appelle les autorités compétentes à réagir. Plusieurs citoyens interpellent notamment la Société des Eaux de Guinée (SEG) afin qu’elle se penche sérieusement sur la situation et œuvre à l’amélioration de la desserte en eau potable, tant pour les abonnés que pour l’ensemble des habitants de la commune.

En attendant une solution durable, le recours au secteur informel de la vente d’eau semble prendre de plus en plus d’ampleur. Une situation que certains dénoncent, pointant du doigt une tendance au mercantilisme autour d’un bien vital, particulièrement sensible en cette période de Ramadan. Pour de nombreux habitants de Koundara, l’accès régulier à l’eau potable reste ainsi un défi majeur, appelant des réponses urgentes et concrètes.

Avec AGP

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