
Frappes israélo-américaines contre Iran. Téhéran qui a perdu dans ces bombardements intenses, son guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, a riposté, tirant sur tout ce que les Iraniens considèrent comme des ennemis vrais ou potentiels, étant du côté d’Israël et des Etats-Unis. Iran frappe même comme à l’aveuglette, touchant non seulement des cibles israéliennes et américaines, mais aussi des pays arabes et des intérêts européens. Ces derniers menacent alors de répliquer, faisant craindre une guerre à l’échelle mondiale.
Et c’est l’avenir du monde entier qui se joue actuellement au Moyen-Orient. Les conséquences de cette forte poussée de fièvre seront ressenties partout sur la planète, surtout par une Afrique essentiellement consommatrice. L’illustration par la pandémie du Covid suffit à elle seule, pour faire la preuve qu’aucune partie du monde ne sera épargnée par le volcan qui vient d’entrer en éruption au Moyen-Orient. Le seul espoir, chacun des belligérants demeurant sur le pied de guerre, est que chaque partie retrouve la raison, la sagesse et fasse preuve de retenue, afin que ça s’arrête le plus tôt possible, pour épargner au monde, cette troisième guerre mondiale qui hante tellement les esprits avec cette inquiétante escalade des violences.
Les premiers effets dévastateurs de cette guerre ne se sont pas faits attendre : le chaos dans les aéroports et la fermeture du Détroit d’Ormuz par où est convoyé l’essentiel du pétrole du monde entier. Le monde, et encore plus les populations africaines, sont dans l’attente de l’augmentation certaine du prix du pétrole à la pompe. Et quand le coût de l’or noir grimpe, la répercussion est systématique sur tous les autres secteurs, du transport au loyer, en passant par les condiments pour la sauce de la ménagère ! C’est une équation de plus pour le continent noir, dont nombre de pays sont encore confrontés à des besoins existentiels comme se nourrir ou se soigner, sans oublier les conflits au Soudan, en République Démocratique du Congo et le terrorisme qui frappe depuis plus d’une décennie, le Sahel, le Nigeria et d’autres pays de l’Afrique de l’ouest.
Tout ce que les Africains ont pu faire en ce deuxième jour de frappes, c’est d’appeler leurs ressortissants à éviter de se promener sous cette pluie de missiles en s’éloignant, tant que faire se peut de la zone de conflit. Par le biais de leurs ambassades respectives, les Etats africains donnent des consignes strictes à leurs ressortissants, vivant ou de passage, au Moyen-Orient, notamment au Qatar et aux Emirats Arabes Unis, par exemple. Et comme à l’accoutumée, les institutions, dont la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), à la suite de l’ONU, appellent à l’accalmie, puis aux négociations, en espérant une cessation du conflit qui ne peut que porter un coup dur au quotidien des Africains.
En tout cas, à raison, car au vu du jusqu’au boutisme des parties en conflit et des prévisions qui voient cette guerre sur au moins deux semaines encore, en Afrique et certainement sur d’autres continents, l’on redoute l’implication d’alliés de l’un ou de l’autre camp. Gare donc à la généralisation de cette guerre, qui, au mieux des cas finira autour d’une table de négociations et au pire, n’ayons pas peur des mots, provoquera la troisième guerre mondiale. Pour l’instant il faut songer à sauver ce qui peut encore l’être, pour le bien de l’humanité !
Par Wakat Séra (Burkina Faso)
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