
Récemment démis de ses fonctions pour « faute lourde » à la tête de la Direction de l’Information et de la Communication (DCI) de la Présidence de la République, Moussa Condé est sorti de son silence. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, l’ancien responsable a livré sa version des faits, reconnaissant plusieurs manquements qu’il juge lui-même incompatibles avec ses fonctions.
Face aux nombreuses spéculations entourant son éviction, Moussa Condé affirme avoir voulu « dire sa part de vérité » afin d’éclairer l’opinion publique. Dans son intervention, il admet notamment avoir partagé des informations confidentielles issues de la Présidence avec certains blogueurs, une pratique qu’il reconnaît comme « indigne d’un directeur de la communication ».
L’ancien patron de la DCI évoque également des relations qu’il entretenait avec des membres de l’ancien régime, une situation qu’il considère aujourd’hui comme inappropriée au regard de ses responsabilités au sein d’une institution aussi stratégique.
Par ailleurs, Moussa Condé révèle qu’un échange téléphonique avec un agent de sécurité du chef de l’État aurait constitué un tournant dans l’affaire. Selon ses propos, cet appel, au cours duquel il sollicitait des informations sensibles, aurait été intercepté, déclenchant ainsi une série de contrôles et d’investigations à son encontre.
Ces vérifications auraient permis de mettre au jour d’autres pratiques controversées, notamment des communications avec des marabouts dans l’espoir d’obtenir une influence accrue auprès du président de la République. Il reconnaît que ces démarches étaient incompatibles avec l’image et la dignité de sa fonction.
Dans sa déclaration, Moussa Condé admet également des comportements jugés inappropriés dans l’exercice de ses fonctions, notamment la réception de jeunes femmes dans son bureau dans un cadre non professionnel. À cela s’ajoutent des accusations de mauvaise gestion interne, notamment concernant les primes de ses collaborateurs, ce qui aurait contribué à créer un climat de frustration au sein de la DCI.
« Quand tous ces éléments sont réunis, le chef de l’État se doit de prendre des décisions fermes », reconnaît-il, estimant que son limogeage est justifié.
Dans un ton empreint de mea culpa, Moussa Condé assume l’entière responsabilité de ses actes. « Ce limogeage, je le mérite et je l’assume », déclare-t-il, reconnaissant des erreurs qu’il qualifie lui-même d’indignes de ses fonctions.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte où la gestion de la communication au sommet de l’État reste un enjeu majeur, et relance le débat sur l’éthique et la responsabilité des hauts cadres publics.
Alpha Mamadou Diallo
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