
Après cette le séisme de la soirée du mardi 31 mars, c’est la loi du silence qui s’est abattue sur le Burundi, et plus précisément la capitale économique Bujumbura. Pour l’instant, pas de bilan humain officie de cet événement tragique et imprévisible qui a plongé la ville dans l’effroi. Les morts n’étant, naturellement, pas en mesure d’expliquer ce qui leur est arrivé, et de dire combien ils sont à être emportés dans ce chaos indescriptible, aucun vivant ou survivant de ces fortes explosions et détonations, n’ose non plus donner des chiffres sur les disparus.
« Secret militaire », a décrété le porte-parole de l’armée burundaise, en ce qui concerne les victimes militaires. Du côté des sources hospitalières d’habitude promptes et disponibles à communiquer des chiffres fiables et objectifs, c’est également « motus et bouche cousue » ! Seule la rumeur, jalouse de sa liberté d’expression légendaire, fait cas de milliers de blessés et de dizaines de morts, notamment dans le camp Base, épicentre du drame d’où tout serait parti d’un incendie qui aurait atteint une poudrière fortifiée, et de surcroît, enfouie dans le sol.
La catastrophe n’a épargné aucune habitation située dans les alentours de la zone militaire. Les dégâts matériels se dénombrent par des milliers de maisons touchées, selon, le degré d’intensité des impacts. Entre les explosions, les balles perdues et les écroulements de bâtiments et autres, c’était le sauve-qui-peut dans la panique généralisée. La nuit fut bien chaude pour des populations burundaises encore traumatisées par les guerres civiles et conflits inter-ethniques. Sans oublier qu’avec le Rwanda voisin, la sérénité est la chose la moins partagée ! La moindre étincelle, pouvait allumer un brasier entre les deux pays, qui se sont souvent invectivés, par guerre dans l’est de la République démocratique du Congo interposée.
Certes, l’accident par nature est un fait qui échappe à la maîtrise de l’homme. Mais il peut être évité, par la prévention. Question : qu’est-ce qui justifie la présence de cet arsenal, bien qu’enterré, au milieu de la population urbaine ? Car, malheureusement, le principal dépôt de l’armée burundaise est implanté dans un quartier populaire. Et n’est pas un cas isolé, surtout en Afrique où ses endroits névralgiques ou stratégiques qui devaient être hautement isolés se retrouvent entourés d’habitations et de sites fréquentés par le public. Il en est de même de plusieurs aéroports d’où atterrissent et décollent de jour comme de nuit, des avions, avec les mille et unes probabilités de dangers que cela présente. Que dire de ces zones à grands risques de catastrophes naturelles occupées par les populations, sous l’œil indifférent des autorités, qui, elles, ont peur de perdre des niches importantes d’électeurs en sévissant ?
Les moments de stupeur passés, et en attendant, sans doute, de demander des comptes, Bujumbura pleure en silence ses morts !
Par Wakat Séra
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