Conakry : À Kissosso, les femmes crient leur détresse face à la pénurie d’eau

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L’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien pour les populations du secteur Banque Mondiale, relevant du quartier Kissosso, dans la commune de Matoto. Depuis plusieurs années, les habitants, notamment les femmes, montent au créneau pour dénoncer une situation qu’elles jugent critique et devenue presque insoutenable. Entre longues attentes, corvées nocturnes et recours à des solutions de fortune, les riverains affirment vivre une véritable épreuve, rapporte l’Agence guinéenne de presse (AGP).

Selon Mme Yansané, résidente du quartier, interrogée par nos confrères, cette pénurie d’eau potable ne date pas d’aujourd’hui. Elle explique que les habitants sont confrontés à ce problème depuis des décennies, malgré la présence de quelques forages privés dans certains ménages. Toutefois, ces installations restent largement insuffisantes pour couvrir les besoins d’une population en constante croissance.

« Le manque d’eau potable est un problème crucial dans notre quartier. Depuis des décennies, nous sommes confrontés à cette pénurie. Certes, il existe quelques forages dans certains ménages, mais ils ne suffisent pas à satisfaire toute la population. Nous sommes obligés de nous organiser pour chercher de l’eau, parfois très tard dans la nuit », a-t-elle confié avec amertume.

Elle lance également un appel aux autorités du pays, notamment au président de la République, Mamadi Doumbouya, afin qu’une solution durable soit trouvée. « Nous demandons au Président et à son gouvernement de nous venir en aide, car nous souffrons énormément. Nous avons besoin du soutien des personnes de bonne volonté. La nuit, nous puisons de l’eau dans les forages, mais cela ne suffit pas. L’homme ne peut pas vivre sans eau. C’est le message de toute la population de Kissosso », a-t-elle insisté.

Même son de cloche chez Mme Mariame Camara, une autre habitante du quartier, qui estime que la question de l’eau dépasse le cadre de Kissosso, tout en reconnaissant que la situation y est particulièrement préoccupante. « Le manque d’eau potable est un problème général en République de Guinée, mais le cas de Kissosso est spécifique. Nous sollicitons l’intervention du président Mamadi Doumbouya pour que notre quartier puisse bénéficier d’un accès régulier à l’eau potable », a-t-elle déclaré.

Selon elle, les populations sont épuisées par cette situation qui se répète chaque année. « Nous souffrons énormément et nous sommes fatigués. La recherche d’eau pendant la nuit est devenue une préoccupation permanente pour la population. Certaines femmes passent plusieurs heures à attendre leur tour au niveau des forages. Cette situation est désormais insoutenable », a-t-elle ajouté, visiblement préoccupée.

Dans ce quartier densément peuplé, la pénurie d’eau potable a également des conséquences sociales importantes. Les femmes et les jeunes filles sont les plus affectées, car elles consacrent une grande partie de leur temps à la corvée d’eau, au détriment d’autres activités économiques ou éducatives. De nombreux ménages affirment également être contraints d’acheter de l’eau à des prix élevés, ce qui alourdit davantage leurs charges quotidiennes.

À la lumière des témoignages recueillis, le quartier Kissosso, secteur Banque Mondiale, a un besoin urgent d’un approvisionnement fiable en eau potable. Les populations riveraines continuent de faire face à d’énormes difficultés liées à cette pénurie, d’où leurs cris de cœur répétés en direction des autorités et des partenaires au développement.

Face à cette situation, les habitants espèrent une intervention rapide afin de soulager les souffrances des ménages et améliorer leurs conditions de vie. Pour eux, l’accès à l’eau potable n’est pas seulement une nécessité, mais un droit fondamental qui mérite une réponse urgente.

Ousmane Sibé Diallo

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