RD Congo-AFC/M23 : une déclaration aux mille interprétations !

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Doha a engrangé des avancées dans la résolution de la crise entre Kinshasa et Kigali, soutien principal de l’AFC/M23 ! C’est dans cette logique qu’il faut situer la déclaration de principes, signée par le gouvernement de la République Démocratique du Congo et l’AFC/M23, ce samedi 19 juillet dans la capitale du Qatar.

Sauf que cet acte est loin de garantir la paix tant recherchée par la RD Congo et la communauté internationale, dont une partie ne travaille que pour ces propres intérêts. Pour l’instant, il faudra se contenter d’un territoire congolais dont une partie est aux mains de forces non régulières qui n’entendent pas bouger, de leurs positions actuelles. Pas même d’un iota.

Ce qui permet de mieux comprendre les conquêtes éclairs de l’AFC/M23, qui, à défaut d’avoir marché sur Kinshasa pour en déloger Félix Tshisekedi et son gouvernement, garde de la posture plus ou moins confortable dans les négociations actuelles avec Kinshasa. Pour le retrait des troupes de Corneille Nangaa de Bukavu et de Goma, ce n’est pas demain la veille.

Si le principe de la restauration de l’autorité de l’Etat est toujours cher à Kinshasa, il n’en demeure pas moins qu’il rencontrera des difficultés d’application sur le terrain. L’AFC/M23 s’établit plus que jamais, dans ces régions qu’elle a conquises, et où elle poursuit la mise en place d’une administration qui, non seulement ne répond pas de l’Etat central, mais fonctionne sur des directives militaires et économiques venant des chefs du mouvement rebelle. L’AFC/M23 affiche l’intention claire de ne rien céder de ces villes et villages désormais sous son contrôle.

Du reste, la déclaration de principes n’a pu entamer la détermination des rebelles de garder sous bannière AFC/M23, Goma et Bukavu. Et c’est certain, compte tenu de la récurrence des violations de cessez-le-feu à peine annoncés, ce n’est peut-être que la création d’une zone-tampon qui pourra freiner la progression du M23 qui a fait la preuve d’une suprématie certaine sur une armée régulière qui est loin d’être l’une des mieux structurées pour assurer la reconquête de ce vaste pays à taille de continent qu’est la RD Congo.

Si Kinshasa avait fait de la libération des régions occupées par l’AFC/M23, une des conditions pour faire avancer les négociations, aujourd’hui cette exigence, rejetée par l’AFC/M23, n’est, visiblement, plus que vœu pieux à Qatar, où tout retrait, pour l’instant en tout cas, est devenu illusoire. Le mot même a disparu des discussions officielles, et fait notable, de la déclaration de principes qui se cantonne, d’ailleurs sans grande certitude, à un cessez-le-feu permanent. Un cessez-le-feu davantage présent dans le discours que dans la pratique, tant son viol, lui aussi est permanent, les deux parties se rejetant sa non application.

Doha, pour l’instant, avance, au rythme que lui imposent les deux parties belligérantes qui se mettent, sur bien de points, d’accord sur leurs désaccords. Toute chose qui bouche l’horizon de la paix, même si les armes se taisaient !

Par Wakat Séra (Burkina Faso)

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