
20 ans de prison ferme et 1 milliard de francs CFA de dommages et intérêts à verser à l’Etat tchadien. C’est le menu qui a été servi au mal nommé Succès Masra. Celui pour qui les planètes semblaient être alignées en tant qu’opposant, se démène, désormais, dans une gadoue de misères, depuis qu’il a été chassé, en un laps de temps, de son fauteuil de Premier ministre, dans lequel il avait été installé, à son retour de plus d’un an d’exil, par son meilleur ennemi.
Enième déboire, et sans doute pas le dernier, pour le leader du parti d’opposition « Les Transformateurs », est bien ce verdict issu du procès de l’affaire Mandakao qui vient de mettre KO, celui qui a dérouté ces militants et autres bookmakers qui, pourtant, lui prédisaient un destin politique intéressant, avant qu’il n’accepte, contre toute attente, ce cadeau empoisonné de chef d’un gouvernement sur lequel il n’avait aucune emprise !
Sauf retournement de situation, et malgré son message plein d’optimisme et de réconfort adressé à ses militants alors qu’il venait d’être condamné, c’est bien la descente aux enfers qui se poursuit pour le jeune opposant. Et s’il n’y prend garde, son futur pourrait se muer en fin d’ambitions politiques, car Succès Masra risque de passer, désormais, le plus clair de son temps, entre garde-à-vue, cellule de prison et palais de justice ! Le harcèlement judiciaire étant devenu le sport le mieux pratiqué, de nos jours, par les dirigeants sous les tropiques. En tout cas, c’est un coup d’arrêt que vient de sonner, pour le chef des « Transformateurs », la justice tchadienne, qui, il faut le dire, a eu la main bien lourde. Sans doute trop lourde ! Pouvait-il en être autrement, dans un dossier que les partisans et conseils de Succès Masra ont qualifié de montage politique ? Ceux-ci pourraient avoir tort ou être en manque d’argument de défense. Mais, les accusations de « diffusion de messages de nature raciste et xénophobe, assassinat, et association de malfaiteurs », n’ont pour source, qu’un propos qui circule sur les réseaux sociaux et prononcé par le chef des Transformateurs depuis le 23 mai 2023, et donc, comme le soutiennent ses avocats, est sans aucun lien avec le massacre du 14 mai 2025.
Parodie de justice pour les avocats de Succès Masra, justice indépendante pour ceux du pouvoir ! Chacun se bat pour sa chapelle, et surtout pour ses honoraires ! Mais c’est Succès Masra qui récolte les conséquences de son inconséquence ! Si ce n’était un massacre de 42 personnes, causé par l’éternel conflit agriculteurs-éleveurs, d’autres griefs auraient été trouvés pour embastiller l’empêcheur de gouverner en rond qu’était devenu Succès Masra, surtout que les politiciens, en plus d’avoir la rancune tenace, usent de tous les moyens, même les plus sordides, pour protéger leur pouvoir. Et ce sont les opposants qui en paient le prix. Avec le recul, certainement que Succès Masra ne se serait pas compromis dans cet accord signé sous l’égide du président de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, pour rentrer au bercail. Dans la même logique, il aurait été bien inspiré en déclinant, à l’époque, ce poste éphémère, et mouvant à souhait, de Premier ministre.
Cette trouvaille n’a servi qu’au maréchal Mahamat Idriss Deby Itno qui en a profité pour avoir le soutien de son opposant, le plus redouté en son temps, pour faire passer son référendum constitutionnel et utiliser son ex-Premier ministre comme candidat accompagnateur, donnant ainsi du crédit à sa virginité retrouvée par les urnes après la transition !
Ce n’est pas un jeu de mots, le succès a simplement tourné le dos à Masra ! Pour l’instant en tout cas, il peut dire adieu à l’élection présidentielle de 2029 ! Sauf si dans ses humeurs changeantes, le prince de Ndjamena en décide autrement !
Par Wakat Séra (Burkina Faso)
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