
Partout dans le monde, les énergies vertes poursuivent leur montée en puissance. Ces sources renouvelables gagnent en importance dans le système électrique global. En 2025, les énergies renouvelables ont, pour la première fois depuis 1919, dépassé le charbon dans la production mondiale d’électricité, avec 34 % du total contre 33 % pour ce combustible fossile.
C’est ce qu’indique le « Global Electricity Review 2026 » publié le 21 avril par le groupe de réflexion énergétique Ember qui précise que la production d’électricité à base de charbon a reculé pour la première fois depuis 2020.
Cette évolution vient confirmer une tendance déjà perceptible sur le premier semestre de l’année dernière où le solaire, l’éolien et d’autres sources d’énergies vertes avaient déjà généré pour la première fois plus d’électricité que le charbon au niveau mondial.
Dans les détails, le rapport indique que l’électricité d’origine « propre » a couvert l’intégralité de la nouvelle demande mondiale limitant l’essor de la production fossile. La génération d’électricité bas carbone a ainsi augmenté de 887 TWh en 2025 surpassant la hausse de la demande, estimée à 849 TWh.
« À elle seule, l’énergie solaire a répondu à 75% de la hausse nette de la demande d’électricité et, avec l’éolien, ces deux sources ont couvert près de 99% de cette croissance. Pour la première fois depuis la pandémie de Covid-19 en 2020, et seulement pour la cinquième fois depuis le début du siècle, la production d’électricité d’origine fossile n’a pas augmenté, enregistrant même une légère baisse de 38 TWh (‑0,2%) », expliquent les auteurs.
D’après le think-tank, la Chine continue de creuser l’écart avec le reste du monde dans le déploiement des énergies renouvelables, concentrant plus de la moitié des nouvelles capacités solaires installées et près des deux tiers des nouveaux parcs éoliens en 2025.
Des indicateurs au vert pour la transition énergétique
Ce basculement symbolique en faveur des énergies propres s’inscrit dans une année 2025 marquée par de nouveaux records pour les renouvelables au niveau mondial. Portés par la baisse continue des coûts, des politiques de soutien ciblées, le solaire, l’éolien et les autres technologies vertes ont connu une année historique.
Selon un rapport publié début avril par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), les capacités mondiales ont atteint 5 149 GW fin 2025, après un ajout record de 692 GW, soit une hausse annuelle de 15,5%. Plus tôt en janvier, le cabinet d’études Bloomberg NEF (BNEF) soulignait que les investissements mondiaux dans la transition énergétique ont atteint un nouveau record de 2 300 milliards de dollars en 2025, un niveau en hausse de 8 % sur un an.
Cette dynamique est principalement tirée par le transport électrique, qui concentre 893 milliards $ d’investissements pour l’achat de véhicules électriques et le déploiement des infrastructures de recharge, tandis que les énergies propres arrivent en deuxième position avec 690 milliards $.
Avec le contexte géopolitique tendu marqué par la guerre en Iran qui perturbe les flux de pétrole et de gaz au niveau mondial et fait flamber les prix des hydrocarbures, certains observateurs pronostiquent un intérêt renouvelé pour les renouvelables.
Du côté d’Ember, on souligne que ce cap historique ne signifie pas la fin du fossile. « Ces évolutions signalent un changement dans la dynamique profonde du système électrique : l’électricité propre répond de plus en plus à la croissance de la demande. Cette transition demeure toutefois inégale et incomplète. Les combustibles fossiles continuent de jouer un rôle significatif et les progrès varient d’une région à l’autre », nuance Bryony Worthington, fondatrice et présidente du Conseil d’administration d’Ember.
Agence Ecofin
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