
La crise sociale qui secoue depuis plusieurs jours les activités de Baowu Winning Consortium Simandou (BWCS) dans la préfecture de Kérouané connaît un nouveau tournant. Après six jours de blocage total des discussions entre les différentes parties, les autorités ont finalement dépêché une mission de haut niveau pour tenter de désamorcer la situation, rapporte l’Agence guinéenne de presse (AGP).
Ce mardi 5 mai 2026, dès les premières heures de la matinée, les travailleurs en grève ont de nouveau investi les principales artères de Kérouané. Vêtus majoritairement de tenues orange, symbole de leur mobilisation, ils ont défilé dans le calme, sans incidents ni actes de vandalisme. Malgré ce caractère pacifique, la mobilisation a pris de l’ampleur, avec une participation de plus en plus massive, traduisant un profond malaise au sein de l’entreprise.
Sur le terrain, les manifestants affichent leur détermination à faire aboutir leurs revendications. « Pour l’instant, tout est au point mort », a confié Alpha Camara, premier secrétaire général de la délégation syndicale des travailleurs de Winning. Selon lui, les précédentes tentatives de négociation n’ont pas permis d’enregistrer de progrès significatifs, d’où la poursuite du mouvement.
Face à la persistance de la crise, une mission officielle conduite par l’Inspecteur général du travail, Mohamed Ouattara, est arrivée sur place aux environs de 10 heures. Depuis, des discussions à huis clos ont été engagées entre les représentants des travailleurs, la direction de l’entreprise et les autorités compétentes. L’objectif est de trouver un terrain d’entente susceptible de mettre fin à la grève qui perturbe les activités depuis près d’une semaine.
Au cœur des revendications figure notamment la question du traitement des employés, que les syndicalistes jugent inéquitable. Selon Alpha Camara, les travailleurs sont répartis en quatre grandes catégories : les ouvriers, les ouvriers qualifiés, les agents et les cadres. Le non-respect des dispositions liées à ces différentes classifications, notamment en matière de rémunération et de conditions de travail, constituerait la principale source de tension.
Cette situation met en lumière des préoccupations plus larges liées à la gestion des ressources humaines au sein de ce projet minier d’envergure, considéré comme stratégique pour l’économie guinéenne. Alors que les négociations se poursuivent, l’espoir demeure du côté des travailleurs comme des autorités de parvenir rapidement à un accord afin d’éviter une paralysie prolongée des activités.
En attendant l’issue des discussions, la mobilisation reste intacte sur le terrain, les grévistes promettant de maintenir la pression jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.
La rédaction
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