Troisième mandat : Félix Tshisekedi tombe enfin le masque !

rdc-presi Troisième mandat : Félix Tshisekedi tombe enfin le masque !

Si les Congolais lui demandent de revenir, et que Dieu lui en donne l’énergie nécessaire, il sera encore là en 2028. Ainsi parla Félix Tshisekedi, prêt pour un troisième mandat. Le président congolais a, désormais, levé le faux suspense sur la révision de la Constitution dans les tuyaux du parti et de la majorité au pouvoir. Et comme il fallait l’imaginer, même l’article 220, n’échappera pas au charcutage. N’est-ce pas, du reste, cette disposition qui était la cible principale de la réforme de la loi fondamentale, dans le but d’ouvrir un boulevard vers la présidence à vie à l’ancien opposant venu au pouvoir en 2019 ? Les choses sont désormais claires en République Démocratique du Congo, les contestations des églises catholique et protestante contre toute tentative de modification de la Constitution demeureront au stade de vœux pieux.

Et, pour dire qu’il faudra, pour ses détracteurs, se taper son pouvoir encore et encore, le chef de l’Etat y est allé franco, le prochain scrutin présidentiel, ne sera réalité que si la guerre prend fin dans l’est de la RD Congo. « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections en 2028. Comment est-ce qu’on va organiser les élections ? Regardez en Ukraine, ça fait deux ans, il devait y avoir les élections. Le monde entier a compris que le président Zelensky ne peut pas les organiser ». En plus de succomber au charme du troisième mandat, Félix Tshisekedi fait preuve d’une certaine maîtrise dans l’art du chantage. Sinon, la RD Congo n’est pas l’Ukraine et en tant que chef suprême des armées et dirigeant de la RD Congo, c’est à lui de « terminer cette guerre » et pas « on ». Or sur le terrain, malgré les cessez-le-feu et accords signés à Doha et à Washington, les canons tonnent toujours dans le Nord et le Sud Kivu, pour le plus grand mal de populations qui ne savent plus à quel saint se vouer.

En tout cas, à l’instar de tous ces opposants africains qui, après avoir goûté le doux nectar du pouvoir ne veulent plus le lâcher, Félix Tshisekedi, s’accroche solidement à son fauteuil. Comme tous ces dirigeants africains qui disent toujours agir, guidés uniquement par la volonté du peuple, le président congolais compte s’éterniser au pouvoir, «si les Congolais-lui-demandent de revenir ». Et, «si changement ou révision doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population par referendum ». Le modus operandi est donc le même partout, le « peuple » se réduisant à quelques zélateurs qui prennent la rue, les médias et les réseaux sociaux en otage, tandis que les résultats du fameux « referendum » n’ont jamais été que ceux voulus par ceux qui l’ont organisé. Tout compte fait, les raisons de cette guerre qu’« on ne termine pas » ne sont peut-être plus à aller chercher trop loin, car la longévité du conflit semble bien profiter à certains !

En attendant la réaction des confessions religieuses, de son opposition et de la Société civile qui sont vent debout contre cette modification de la Constitution, Félix Tshisekedi a le mérite d’avoir appelé un chat un chat.

Etienne Tshisekedi, de son vivant président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, pouvoir), doit bien se retourner dans sa tombe, lui qui, après avoir combattu le long règne de Mobutu et le pouvoir de fer des Kabila, ne pourra rien faire pour empêcher son fils de céder à la sirène de l’irrésistible troisième mandat.

Par Wakat Séra (Burkina Faso)

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