
Un véritable homme d’Etat ! C’est ce qu’est Bassirou Diomaye Faye qui vient de prouver qu’il peut être aussi père de la nation, autant que ces dirigeants africains qui s’arrogent ce statut sans faire la preuve qu’ils peuvent maintenir la stabilité socio-politique dans leur pays. Bien qu’ayant été attaqué frontalement par son Premier ministre qui a évoqué, comme problème du Sénégal, le manque d’autorité au sommet de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, n’a engagé aucun bras-de-fer, se présentant même en sapeur-pompier qui sait circonscrire un incendie et le maîtriser.
A-t-il réussi à éteindre le feu allumé par Ousmane Sonko et dont les déflagrations pouvaient être préjudiciables pour la cohésion au sein des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité, le parti au pouvoir et même pour le Sénégal ? S’il faut attendre encore que l’avenir lui donne raison, ou pas, Bassirou Diomaye Faye a, certainement, calmé le jeu. En tout cas, pour l’instant !
Toutefois, le jeune président qui se bat pour attirer les investissements au Sénégal, dans un climat de paix et de conditions de vie meilleure pour ses concitoyens, n’a pas manqué de recadrer son chef du gouvernement et président de son parti, sur les priorités de l’heure qui sont ailleurs, et pas forcément dans des réformes précipitées. Toute précipitation dans la « rupture » ne pourra, du reste, que réduire les chances du Pastef d’aligner, plusieurs mandats à la tête du Sénégal. En clair, Ousmane Sonko qui a eu le nez creux en soutenant la candidature de son alter égo politique alors que la justice empêchait la sienne pour diverses affaires dans lesquelles il était accusé, doit accepter de ronger son frein, pour reprendre, au moment opportun le poste suprême qu’il a cédé. Mais, il a, visiblement, opté d’apporter plutôt de l’eau au moulin des détracteurs qui ne donnaient pas longue vie au duo président-Premier ministre que forment Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Tous voyaient le tandem exploser rapidement en duel !
Le fauteuil présidentiel n’est pas un banc ! C’est une seule personne qui l’occupe, avec tous les honneurs et charges y afférents. Et ça, Ousmane Sonko doit le savoir, ou l’apprendre, même s’il semble regretter ce plan B qui a fait de son « ami » et compagnon de lutte, Diomaye Faye, président de la République. A moins de choisir le chaos si ce n’est lui, il n’avait aucun autre choix à l’époque. Si l’attelage qu’il forme-ou formait, c’est selon la suite de l’incident-résiste au temps, c’est lui Ousmane Sonko qui en tirera profit, la longévité du Pastef au pouvoir étant forcément synonyme de son avènement aux affaires.
Il a donc tout intérêt à rester l’« ami » de Bassirou Diomaye Faye, et éviter tout conflit inutile et futile, à l’image de celui qui fait actuellement les choux gras de la presse. De plus, s’en prendre en même temps au président de la République, ouvrir un front avec la justice, prendre à partie la société civile, alors que dans le même temps la presse nationale vit des moments difficiles qu’elle impute au pouvoir actuel en place, cela ne peut que faire trop pour Ousmane Sonko ! Le Premier ministre sénégalais, s’il a pu échapper à la machine broyeuse d’opposants de Macky Sall, ne doit pas se voir en « Superman » ou se laisser submerger par l’esprit vindicatif qui sommeille en chaque animal qui s’est senti blessé.
La bougie de plus qu’il vient de souffler ce 15 juillet, apportera certainement son plus de sagesse à Ousmane Sonko, qui doit prendre conscience qu’il n’est plus que le président du Pastef, mais le Premier ministre de tout le Sénégal.
Par Wakat Séra (Burkina Faso)
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