Léon XIV au Cameroun : les papes passent, Biya demeure !

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Le pape Léon XIV séjourne, depuis le mercredi 15 avril, au Cameroun, où il a été reçu au palais d’Etoudi par le maître des lieux. Depuis son avènement au pouvoir en 1982, c’est le troisième successeur de Saint Pierre que l’inoxydable président de la République camerounaise accueille chez lui. Paul Biya, 93 ans dont 44 passés au pouvoir, est, en réalité honoré pour la quatrième fois par une visite papale. Jean-Paul II, a effectué deux visites pastorales au Cameroun en 1985 et en 1995. Benoît XVI y était en 2009. C’est au tour de Léon XIV de séjourner dans ce pays, durant trois jours, confirmant ainsi, l’excellence des relations entre Yaoundé et le Vatican.

S’il faut faire le constat de la longévité exceptionnelle du plus vieux chef d’Etat au monde actuellement et le quatrième plus ancien, il faut alors en déduire que les papes passent et que Paul Biya lui, demeure. Pourtant, la Constitution n’impose pas une durée, encore moins un nombre déterminé, de mandat au pape, alors qu’elle en impose au président camerounais, comme dans toute démocratie qui se respecte. Même si comme par miracle, Paul Biya remporte toutes les élections qu’il a organisées !

En tout cas, Paul Biya peut se targuer d’être un privilégié de l’Eglise catholique dont les pas de trois de ses bergers ont déjà été guidés vers lui. Quel est le degré de la foi de « Popol » pour que les souverains pontifes l’apprécient autant ? En tout cas, Paul Biya est loin d’être le meilleur apôtre de la démocratie et du respect des droits de l’homme, notamment celui de ses opposants. A ces derniers il prêche assez bien la « bonne nouvelle » de l’exil ou de la vie carcérale, quand ceux-ci s’éloignent du premier commandement sacré en politique au Cameroun : tu ne désireras jamais le pouvoir de Biya ! Questions : les visiteurs venus du Saint-Siège discutent-ils de ce sujet avec leur hôte, comme ils parlent avec lui de la pluie et du beau temps, de la sécurité, de la corruption que dénonce actuellement Léon XIV ? Prennent-ils des nouvelles des opposants en fuite comme Issa Tchiroma Bakary, dernier adversaire de Paul Biya à la présidentielle de 2025, ou de Maurice Kamto, éternel opposant privé d’office d’élection ? A moins que les sujets qui fâchent soient d’office bannis du répertoire au programme des papes, même s’ils sont la pierre sur laquelle le Christ a bâti son Eglise.

Certes, la paix dont le Cameroun a fortement besoin, surtout dans sa zone anglophone et la lutte contre la corruption sont des piliers importants d’une vie heureuse en société, mais la justice sociale, l’alternance, la tolérance, le pardon et l’amour, ne doivent pas être évoqués que dans une vision religieuse, mais doivent constituer des valeurs sur lesquelles tout chef de l’Etat, à l’instar de Paul Biya, doit construire son pouvoir qui est dit, d’essence divine, comme pour en éloigner ceux qui ne l’ont pas !

Léon XIV, considéré comme le pape des Africains, doit donc apporter, au Cameroun et dans les autres pays africains où le conduiront son bâton de pèlerin, le message de la paix véritable que doivent instaurer et protéger, les dirigeants, qui jusqu’à présent, ont choisi de privilégier leurs intérêts personnels au détriment de celui des brebis que leur a confiées Dieu.

Par Wakat Séra

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