
Comparution devant la justice sud-africaine, ce lundi 20 avril, pour l’activiste Kémi Séba. L’activiste arrêté en Afrique du Sud, le 13 avril 2026, alors qu’il serait en train de vouloir quitter le pays par le biais d’un réseau de passage clandestin, vers l’Europe via le Zimbabwe, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, c’est le nom à l’état civil, de celui qui doit répondre dans un dossier d’immigration, et probablement dans un autre de mandat d’arrêt international lancé contre lui par le Bénin.
Kémi Séba, 45 ans, a été interpellé, en même temps que son fils Khonsou Séba Capo Chichi, 18 ans, ainsi que d’un autre individu de nationalité sud-africaine. Tous trois avaient déjà « brièvement » comparu le 15 avril 2026 devant le tribunal de première instance de Brooklyn, à Pretoria, après leur arrestation dans un centre commercial.
Selon les éléments communiqués par la police, le père et le fils auraient bénéficié de l’aide d’un complice qui aurait perçu environ « 250 000 rands » soit « plus de 8 millions FCFA », pour organiser leur « passage clandestin » vers le Zimbabwe, avec pour objectif final de rejoindre l’Europe.
Kémi Séba voulait-il réellement quitter clandestinement l’Afrique pour l’occident dont il n’a de cesse de clouer les autorités au pilori ? Franco-béninois, jusqu’à ce qu’il soit déchu de la nationalité française, quel était encore l’intérêt pour Kémi Séba de retourner sur le Vieux continent, alors qu’il s’est érigé en « panafricaniste » pur et dur ? Était-il sous le coup d’une menace quelconque en Afrique ? Est-il tombé dans un piège savamment tendu pour mettre le grappin sur lui parce que ses invectives violentes dérangent en Occident ? Enfin, quelle sera désormais, l’attitude de tous ces jeunes africains qui, dénonçant eux-aussi, « le colonialisme, le néo-colonialisme, et l’impérialisme », dont malheureusement, l’Afrique porte encore les plaies ouvertes, trouvaient en Kémi Séba un héros dans cette lutte ?
Le coup sera durement ressenti par cette jeunesse séduite par le discours virulent de Kémi Séba. En tout cas, la digestion de cette mauvaise passe de Kémi Séba sera pénible pour cette jeunesse qui croyait tenir son défenseur contre les agissements encore paternalistes des anciens maîtres du continent et qui découvrira, peut-être que celui-ci ne travaillait que pour ses propres intérêts.
Si l’acte reproché à Kémi Séba est confirmé, c’est, sans doute, la crédibilité de nombre de ces « panafricanistes » auto-proclamés, notamment sur les réseaux sociaux, qui risque de fondre comme du beurre au soleil. Fort heureusement, l’Afrique peut compter sur de véritables panafricanistes dont les actes au quotidien, permettent aujourd’hui aux Africains de pouvoir dire non à certains comportements arrogants et humiliants tenus contre eux.
Quel sort pour Kémi Séba ? Les Hawks, l’unité d’élite des services de police sud-africains, qui ont oeuvré en collaboration avec l’Interpol, à l’arrestation de Kémi Séba et compagnie, ont indiqué que Stellio Gilles Robert Capo Chichi fait l’objet de recherches au niveau de son Bénin natal, pour de faits liés à des « crimes contre l’État », notamment dans la tentative de coup d’Etat de décembre 2025. Si la procédure d’extradition demandée par le Bénin qui a peu de chances d’aboutir, l’est tout de même, certainement que l’affaire deviendra encore plus compliquée pour l’homme.
En attendant, Kémi Séba qui se trouve toujours derrière les barreaux sud-africains, aidés par ses avocats, doit certainement remuer les méninges pour se sortir de ce pétrin. L’audience de ce jour, et, sans aucun doute, les prochaines étapes du dossier sont très attendues, tant au Bénin qu’ailleurs, en France par exemple qui est constamment dans le viseur de l’activiste béninois, détenteur également d’un passeport diplomatique nigérien.
Par Wakat Séra
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