
Alors que près de 600 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité et plus de 1 milliard utilisent des systèmes de cuisson rudimentaires, la progression de la consommation de gaz naturel sur le continent a été entre autres tirée par la demande résidentielle.
La consommation de gaz naturel en Afrique a augmenté de 4 % en 2025, selon un rapport publié le 31 mars par le Forum des pays exportateurs de gaz (Gas Exporting Countries Forum/GECF). Intitulé « Annual Gas Market Report 2026 », le document détaille que la consommation de ce combustible fossile sur le continent a atteint 185 milliards m3 durant l’année écoulée, contre 178 milliards m3 l’année précédente.
La croissance de la consommation est restée fortement concentrée en Afrique du Nord, l’Algérie et l’Égypte continuant de dominer la demande continentale. En Afrique subsaharienne, des progrès ont été enregistrés au Nigeria et sur d’autres marchés émergents importateurs de GNL, où de nouvelles capacités de regazéification et des projets de production d’électricité à partir de gaz ont amélioré l’accès à l’énergie, malgré des goulots d’étranglement persistants au niveau des infrastructures.
Partout sur le continent, le secteur de l’électricité a été le principal moteur de la demande de gaz naturel, alimenté par des besoins en forte hausse, une population urbaine en pleine expansion, et des efforts régionaux concertés pour améliorer la fiabilité des réseaux électriques. Alors que les pays africains s’efforcent de combler le déficit persistant en matière d’accès à l’énergie, la production d’électricité à partir du gaz naturel a consolidé la position de ce dernier dans le mix énergétique continental.
La demande industrielle a également soutenu la croissance, tirée par l’essor de secteurs à forte intensité énergétique tels que la pétrochimie et les engrais. En Afrique du Nord, la disponibilité du gaz naturel au niveau national a soutenu les pôles industriels en Algérie et en Égypte, essentiels pour stimuler les recettes d’exportation. De même, le Nigeria tire parti de ses réserves importantes pour accélérer l’industrialisation et la productivité agricole grâce à la production d’engrais.
En 2026, la consommation de gaz naturel en Afrique devrait se modérer pour atteindre 188 milliards de mètres cubes, soit une progression estimée à 1,62 % par rapport à 2025. Alors que le déploiement des énergies renouvelables s’accélère, le gaz naturel devrait conserver son double rôle de combustible de base fiable et de source d’équilibrage essentielle pour les réseaux électriques intermittents.
A l’échelle mondiale, la consommation de gaz a augmenté de 1,2 % (55 milliards m3) en 2025 pour atteindre 4217 milliards m3.
La production africaine a augmenté de 2,5 % en 2025
L’Amérique du Nord a conservé sa place de premier consommateur mondial avec 1169 milliards m3, tandis que la région Asie-Pacifique, qui a été le principal moteur de la hausse de la consommation mondiale ces dernières années, suivait avec 977 milliards m3, ce qui témoigne d’un ralentissement de sa dynamique. Viennent ensuite l’Eurasie avec 678 milliards de m3, le Moyen-Orient avec 591 milliards m3, l’Europe avec 461 milliards m3, l’Afrique avec 185 milliards m3, et l’Amérique latine & Caraïbes avec 155 milliards m3.
En 2026, la consommation mondiale de gaz naturel devrait augmenter de 1 %, pour avoisiner les 4260 milliards m3. Cette hausse devrait être portée par une reprise dans la région Asie-Pacifique et une croissance soutenue en Amérique du Nord. Toutefois, l’escalade du conflit au Moyen-Orient peut affecter ces prévisions.
Le rapport révèle d’autre part que la production de gaz naturel en Afrique durant l’année écoulée a progressé de 2,5 % par rapport à 2024 pour atteindre 262 milliards de m3, une évolution qui a inversé la tendance à la baisse observée en 2024 et permis au continent de représenter 6,2 % de la production mondiale de gaz.
Cette progression a été principalement portée par la croissance de l’offre dans les pays d’Afrique subsaharienne, notamment au Nigeria et en Angola, ainsi que par l’augmentation stratégique de la production en Afrique de l’Ouest, grâce au projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne.
Il convient de noter que ces gains régionaux ont suffi à compenser les baisses enregistrées chez certains pays producteurs d’Afrique du Nord, notamment en Egypte où l’épuisement naturel du gisement de Zohr a fait chuter les chiffres. Au plan mondial, la production de gaz a augmenté de 1,2 % en 2025 pour s’établir 4232 milliards m3.
Cette évolution s’inscrit dans le prolongement d’une décennie de croissance régulière de la production mondiale, essentiellement portée par la hausse des capacités en Amérique du Nord (+3,4 %), au Moyen-Orient (+2,5 %) et en Afrique (+2,5 %). Pour 2026, le GECF s’attend à ce que la production mondiale de gaz naturel augmente de 1 %, grâce notamment à l’entrée en production de nouveaux gisements en Amérique du Nord, en Asie-Pacifique et en Afrique.
Agence Ecofin
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