État de droit : le classement 2026 des pays africains selon le World Justice Project

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Le World Justice Project mesure l’État de droit à partir de huit dimensions qui vont des droits fondamentaux et des contre-pouvoirs à la sécurité, la corruption et le fonctionnement de la justice. Une définition large qui peut aboutir à des résultats différents de ceux d’indices centrés sur les libertés politiques ou la liberté de la presse.

Le Rwanda obtient le meilleur score parmi les pays africains couverts par le Rule of Law Index 2026, publié le 21 octobre par le World Justice Project (WJP). Avec un score de 0,63 point, le pays occupe le 40e rang mondial, devant la Namibie, Maurice et le Botswana parmi les États africains étudiés.

Le WJP ne classe pas les pays selon leur niveau de démocratie ou de libertés publiques. Son indice repose sur huit facteurs auxquels il accorde le même poids dans le calcul du score global.

Huit facteurs, du contrôle du pouvoir à la sécurité

L’indice mesure les contraintes imposées aux pouvoirs du gouvernement, l’absence de corruption, le gouvernement ouvert, les droits fondamentaux, l’ordre et la sécurité, l’application de la réglementation, la justice civile et la justice pénale.

Ces huit facteurs sont déclinés en 44 indicateurs. L’édition 2026 couvre 143 pays et juridictions et s’appuie sur plus de 215 000 enquêtes auprès des ménages et 3 400 questionnaires remplis par des juristes, praticiens et experts. Les scores vont de 0 à 1, la valeur la plus élevée correspondant à une meilleure performance selon la méthodologie du WJP.

Au Rwanda, les performances varient fortement selon les facteurs. Dans l’édition précédente, le pays se classait premier d’Afrique subsaharienne pour l’ordre et la sécurité et l’absence de corruption, ainsi que pour l’application de la réglementation et la justice civile, mais huitième pour les droits fondamentaux et cinquième pour les contraintes imposées au pouvoir gouvernemental.

Sur les dimensions liées aux libertés, d’autres indicateurs aboutissent à des résultats moins favorables. Freedom House attribue au Rwanda 21 points sur 100 en 2026 et le classe parmi les pays « non libres », avec 7 points sur 40 pour les droits politiques et 14 sur 60 pour les libertés civiles. Reporters sans frontières le classe de son côté 139e sur 180 pays en matière de liberté de la presse.

Le Burkina Faso occupe le 101e rang mondial dans l’édition 2026 du WJP. Dans l’édition précédente, les écarts entre facteurs étaient déjà importants : le pays occupait le 12e rang sur 34 en Afrique subsaharienne au classement global, mais seulement le 32e pour l’ordre et la sécurité. Il était en revanche mieux classé pour l’absence de corruption et la justice pénale. Freedom House lui attribue de son côté 20 points sur 100 et seulement 2 sur 40 pour les droits politiques, dans un contexte marqué par le régime militaire, le report des élections et la répression de la dissidence.

23 pays d’Afrique subsaharienne sur 34 en recul

Avec un score global de 0,61 point, la Namibie occupe la deuxième position parmi les pays africains couverts par l’indice, devant Maurice, le Botswana, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Malawi. L’Algérie et la Gambie complètent les dix premières positions du classement africain reconstitué à partir des rangs mondiaux.

En Afrique subsaharienne, 23 des 34 pays couverts ont vu leur score diminuer cette année. À l’échelle mondiale, 62 % des 143 pays et juridictions étudiés ont enregistré un recul, contre 38 % en progression. Il s’agit de la neuvième année consécutive durant laquelle les baisses sont majoritaires.

Le WJP relève en particulier un affaiblissement des contre-pouvoirs, une réduction de l’espace civique et une ingérence accrue des exécutifs dans les systèmes judiciaires. Plus de 86 % des pays étudiés ont enregistré, sur les cinq dernières années, une dégradation d’au moins l’un des trois facteurs liés aux contraintes sur le pouvoir gouvernemental, au gouvernement ouvert ou aux droits fondamentaux.

À l’échelle mondiale, le Danemark conserve le score le plus élevé, devant la Norvège, la Finlande, la Suède et le Luxembourg.

Le WJP ne publie pas un classement unique regroupant l’ensemble du continent africain. Il classe 34 pays dans la région Afrique subsaharienne, tandis que l’Algérie, l’Égypte, le Maroc et la Tunisie sont rattachés à la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Agence Ecofin a reconstitué le classement des 38 pays africains couverts par l’indice à partir de leurs rangs mondiaux.

Classement des 38 pays africains couverts par le WJP Rule of Law Index 2026 :

Rwanda (40e rang mondial)

Namibie (46e)

Maurice (48e)

Botswana (49e)

Sénégal (58e)

Afrique du Sud (60e)

Ghana (62e)

Malawi (69e)

Algérie (85e)

Gambie (86e)

Tunisie (89e)

Maroc (90e)

Bénin (94e)

Kenya (100e)

Burkina Faso (101e)

Liberia (103e)

Tanzanie (105e)

Côte d’Ivoire (107e)

Zambie (108e)

Sierra Leone (110e)

Madagascar (111e)

Togo (112e)

Angola (113e)

Niger (116e)

Guinée (118e)

Gabon (119e)

Nigeria (120e)

Zimbabwe (122e)

République du Congo (124e)

Ouganda (126e)

Mali (127e)

Mozambique (129e)

Mauritanie (132e)

Éthiopie (133e)

Cameroun (134e)

Égypte (135e)

RD Congo (136e)

Soudan (138e)

Avec Agence Ecofin

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