
Les quinze mois d’affrontements entre le Hamas et l’armée israélienne ont causé la mort de plus de 46 000 personnes dans l’enclave palestinienne ainsi que celle de 1200 Israéliens. Un conflit marqué par une extrême violence et la supériorité de la force de frappe israélienne. Quel bilan les militaires font-ils de ces quinze mois d’affrontements.
Le premier constat est celui d’une guerre intégrale, c’est-à-dire qui s’est tenue dans tous les milieux et tous les champs : l’affrontement physique, la guerre électromagnétique, l’influence, le cyber et le champ informationnel. Ce fut aussi un conflit asymétrique, mais face à une proto armée, celle du Hamas, autrement dit un ennemi qui dispose d’armements et de moyens proches de ceux d’une force conventionnelle.
Un conflit qui se caractérise également par une escalade à la fois verticale, avec l’action de pays tiers en appui des belligérants, et le soutien de proxy à l’instar du Hezbollah libanais et une escalade horizontale rendue visible par le jusqu’au boutisme des deux camps.
D’un point de vue purement militaire : on a pu observer un retour aux fondamentaux avec des combats de contact en zone urbaine. Côté israélien, une manœuvre centrée sur les feux, ceux de l’aviation et des canons, avec une artillerie omniprésente qui a tiré plusieurs centaines de milliers d’obus.
Usage aussi en grand nombre de blindés pour appuyer le génie et ses sapeurs dont les brigades cynophiles engagées dans les tunnels de Gaza, mais également pour remodeler le territoire. Ce fut donc à la fois le rouleau compresseur, mais avec un recours systématique aux hautes technologies, notamment l’Intelligence artificielle pour optimiser les plans.
Quel bilan militaire pour le Hamas ?
En octobre 2023, le renseignement israélien évaluait les forces des brigades Ezzedine al-Qassam — la branche armée du Hamas – à 25 000 hommes. Selon le bilan fait par les forces israéliennes, les deux tiers de ces combattants auraient été mis hors de combat. C’est le bilan sur le papier.
En revanche, des groupes de réflexion américains, dont l’Institut pour l’étude de la guerre, ne font pas la même analyse et estiment que seulement trois bataillons du Hamas ont véritablement été défaits. Une dizaine de bataillons resteraient donc opérationnels.
Le Hamas, disent les observateurs, est parvenu à optimiser sa survie grâce au fameux réseau de tunnels de Gaza, qui ont permis de rendre inopérant les bombardements massifs des forces israéliennes. Il sort néanmoins très affaibli de ces quinze mois de guerre : ses cadres ont presque tous été tués, y compris en juillet dernier Mohammed Deif, chef historique des brigades al-Qassam et en octobre Yaya Sinwar chef militaire et politique de l’organisation.
Mais un problème de taille se pose désormais au Hamas : comment régénérer son arsenal ? Son principal soutien, le Hezbollah libanais, est lui aussi très affaibli et depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, début décembre. Les deux organisations ne peuvent plus compter sur la plateforme syrienne pour recevoir l’appui stratégique de l’Iran.
Au final, Gaza est coupée en deux zones et 60 % du bâti a été détruit.
Radio France Internationale (RFI)
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