Côte d’Ivoire : il est encore temps de mettre balle à terre !

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Un bus de la SOTRA brûlé pendant les manifestations

« Dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 août 2025, aux environs de 23 heures, la commune de Yopougon a connu des moments de violence grave, ayant entraîné l’incendie d’un autobus de la Sotra et la destruction d’un véhicule de police. Informées de ce qui se préparait dans notre pays depuis les annonces de certains partis politiques, les forces de police et de gendarmerie, bénéficiant de renseignements crédibles et concordants, étaient prêtes et ont réagi promptement, ce qui a permis d’appréhender 11 individus à ce jour ». La déclaration est du premier responsable du ministère ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé.

« Qu’est-ce que nous avons à aller casser un bus, l’incendier et détruire un véhicule de police ? ». Réplique du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire, le PPA-CI de l’ancien président Laurent GBAGBO. Le parti d’opposition, qui dénonce l’interpellation de ces militants, accusés d’être impliqués dans ces événements malheureux, rejette ces accusations qui selon ces responsables ne sont, ni plus ni moins que de l’intimidation et une manière d’effrayer les Ivoiriens. Qui a raison ? Qui a tort ?

Pourtant, Alassane Ouattara a promis une élection démocratique et paisible. Lui, s’aligne pour se succéder à lui-même, selon ce droit que lui donne la constitution de 2016 révisée en 2020. Il cherchera ainsi, à valider son second mandat de la Troisième République. Faux, rétorque l’opposition qui combat un quatrième mandat du président sortant. « Trop c’est trop », affirme d’ailleurs les détracteurs du « candidat naturel » du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et le progrès, le RHDP. Le PDCI et le PPA-CI, dont les leaders respectifs, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, ont été écartés de la liste électorale à cause de décisions de justice, se sont d’ailleurs mis ensemble pour mettre fin, ont-ils dit, aux ambitions de quatrième mandat d’Alassane Ouattara.

Question : en vue de favoriser le retour de la paix et de semer et arroser la graine de la cohésion sociale, faut-il commencer par reporter la présidentielle d’octobre 2025, et penser le dialogue politique demandé par l’opposition, tout en se penchant sur la révision de cette liste électorale qui divise ? Il faut le dire, rien n’oblige le pouvoir à faire le choix de cette option, si ce n’est la volonté de calmer le jeu et de faire descendre un mercure socio-politique qui monte, et monte !

Opposition de violence ou tentative de musellement de voix discordante de la part du pouvoir ? Aucune hypothèse n’est, a priori, à écarter dans cette atmosphère socio-politique qui va crescendo vers la dégradation. Une fois de plus, le pays est-il, inexorablement, en route pour une élection présidentielle, avec la psychose ambiante de l’affrontement fratricide entre ivoiriens ? Malgré les appels horrifiants de certains individus, se réclamant de tel ou tel autre bord politique sur les réseaux sociaux, il faut espérer que non ! Entre eux, les Ivoiriens et Ivoiriennes, qui ne veulent plus, certainement, revivre les heures sanglantes et meurtrières de la période postélectorale de 2010-2011, s’activeront, probablement, à trouver, le ou les ressorts à même de désamorcer la cocotte-minute avant explosion.

Pour l’instant, le feu allumé sous la marmite qui renferme tous les ingrédients de la déflagration, est attisé par les politiciens et autres marchands de guerre.  Les démons de la violence, qui ne dorment que d’un seul œil, et qui rôdent en permanence autour des urnes en Afrique où élections riment avec guerre, ne laisseront sans doute pas passer la moindre occasion pour jouir de la destruction des infrastructures publiques et privées, et, pire, se gaver de sang.

Il est temps de mettre balle à terre, sur les berges de la lagune Ebrié, que l’on soit de l’opposition ou du pouvoir !

Par Wakat Séra (Burkina Faso)

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