Présidentielle au Cameroun : 9 jours d’attente et toujours rien !

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Paul Biya

Ni résultats provisoires, ni taux de participation officiel ! Et c’est toujours l’attente, à Yaoundé, Douala, Bafoussam, Garoua, Maroua, Bamenda ou Ngaoundéré, après la tenue du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Le recensement des votes n’a commencé que le vendredi 17 octobre, mais connaît déjà ses premiers couacs, notamment la défection du représentant du candidat Issa Tchiroma Bakary, qui a claqué la porte de la commission en charge de cette étape, dénonçant ce qu’il a désigné comme irrégularités dans la compilation des résultats. Pourtant, toutes les structures en charge de l’élection, notamment l’Elecam, ont déjà apporté leur caution à cette présidentielle, comme pour les sept précédentes.

Même les observateurs, étrangers et nationaux, qui ont l’habitude d’ouvrir de gros yeux, sans jamais rien voir d’anormal, ont apprécié la bonne tenue du vote. Pour eux, évidemment, « l’élection s’est bien déroulée, malgré quelques difficultés et dysfonctionnements qui n’entachent en rien sa crédibilité ». La formule est immuable et le rituel respecté depuis des lustres, pour le bonheur notamment des présidents en mandat, candidats à leur propre succession.  C’est connu et c’est une règle non écrite qui a toujours fait recette, « en Afrique, on n’organise pas des élections pour les perdre » !

Si le Cameroun n’a donc pas l’apanage des votes dont les résultats sont connus avant même la convocation des citoyens aux urnes, il n’en demeure pas moins que dans tous les matchs électoraux, le candidat du parti au pouvoir qui est en même temps l’arbitre, a distribué, à tour de bras, des cartons rouges aux meilleurs joueurs de l’équipe adverse.  Raison pour laquelle, l’attente des résultats, n’est nullement synonyme de suspense ! Tout est joué d’avance et le pouvoir ne se donne que le temps d’une bonne répartition des voix et la fabrication d’un bon taux de participation.

Ce temps d’attente, parfois long, parfois court, c’est selon la durée nécessaire pour le conditionnement des esprits des votants, est également mis à profit pour affiner les stratégies en fonction de la forme de contestation des candidats malheureux et du peuple, ainsi privés de la vérité des urnes. Le Cameroun se trouve donc dans un schéma classique des élections en Afrique ! Le coup KO, est donc en plein téléchargement, surtout que le scrutin est à un seul tour et que les opposants qui y ont pris part l’ont fait en rang dispersé, chacun se croyant dans la peau du mieux placé pour gagner la partie et retirer les clés du palais d’Etoudi à Paul Biya !

Question : à quand donc la proclamation de la victoire de Paul Biya, 92 ans, en route pour son 8e mandat ? C’est une évidence, tant que le système voudra de lui, parce qu’il lui garantit la longévité aux affaires, avec tous les privilèges indus qui vont avec, le président camerounais sortant n’est pas prêt de… sortir ! Pas par les urnes en tout cas !

Par Wakat Séra (Burkina Faso)

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