Présidentielle au Congo : Sassou forever ?

image-80-1024x731 Présidentielle au Congo : Sassou forever ?

Une mi-temps comme au football ! Alors qu’ils sont tous lancés dans la dernière ligne droite d’une campagne assez disparate pour la présidentielle du dimanche 15 mars, l’arbitre a décidé de siffler une mi-temps de deux jours ! Pourquoi ? Officiellement pour permettre aux militaires qui doivent sécuriser le vote dominical de glisser leur bulletin dans l’urne ce jeudi 12. C’est la règle ? Non, parce que lors des élections précédentes, le silence électoral n’a été observé qu’à J-1, comme partout ailleurs. Une innovation alors ? En tout cas, une parenthèse de mauvais goût pour certains des six candidats qui doivent affronter, juste pour la forme, est-on tenté d’affirmer, et sans risque de se tromper, l’éternel favori.

Oui, encore DSN, trois lettres pour désigner Denis Sassou Nguesso, 82 ans dont quarante au pouvoir, en route pour un cinquième mandat d’affilée. Une victoire assurée, sauf éruption du volcan Nyiragongo de la République démocratique du Congo voisine. L’homme dont la machine électorale est bien huilée, est certain de récupérer son fauteuil qu’il met en jeu, juste pour respecter l’un des piliers de la démocratie, l’élection. Tout se passera, en principe, comme lors de cette campagne au cours de laquelle, un seul challenger a noyé tous les autres, par ces posters géants et ses meetings qui attiraient grande foule. Dans une orchestration presque parfaite, aucune place n’a été accordée au hasard, pour ouvrir le boulevard d’un cinquième mandat, et plus si affinité, à l’enfant chéri de Oyo.

Comme à l’accoutumée, et selon la règle d’or la mieux appliquée par l’ensemble des dirigeants africains, les opposants sérieux sont soigneusement tenus éloignés de la vie politique, et plus particulièrement des compétitions électorales. Et finalement, ce sont les acquis du président sortant, en attente d’entrer encore, qui sont vantés. C’est un constant, les six candidats en lice, avec tout le respect qui leur est dû, ne sont pas des foudres de guerre. Destin Gavet, le plus jeune, 34 ans, qui n’a certainement pas, pour l’instant, son destin en main ; l’enseignant en droit Vivien Manangou qui ne sera sans doute pas tout à son aise hors de l’amphithéâtre ; le pion de L’Alliance, Zinga Mabio Mavoungou; le Souverainiste Dave Mafoula; et les habitués du jeu depuis plusieurs élections, en l’occurrence, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou et Anguios Nganguia Engambé, seront tous là. Certainement pas pour gagner, mais pour accompagner Denis Sassou Nguesso vers la ligne d’arrivée.

La seule inconnue de cette élection sera bien le taux de participation. Entre appel au boycott de partis de l’opposition, lassitude d’électeurs qui ne croient plus au changement, le désenchantement d’une jeunesse hantés par le chômage et l’absence de perspectives, et l’engouement de partisans qui, certains que le pouvoir ne peut échapper à leur champion, l’élection de ce dimanche pourrait bien réserver une petite surprise en ce qui concerne, l’affluence ou non dans les bureaux de vote !

Pourvu que le Congo vive un dimanche de vote calme, à l’image de la campagne sans heurt qui aura précédé la joute électorale.

Par Wakat Séra

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