Après une hausse exceptionnelle portée par des crises telles que la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, l’aide publique au développement a baissé pour la deuxième année consécutive en 2025. L’aide publique au développement (APD) bilatérale accordée par les pays membres et associés du Comité d’aide au développement (CAD) à l’Afrique subsaharienne a enregistré un repli de 26,3 % en 2025 pour s’établir à 29,2 milliards de dollars, a révélé l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport publié le jeudi 9 avril.
Cette enveloppe reste inférieure à l’aide bilatérale accordée à l’Ukraine, qui atteint 44,9 milliards de dollars en incluant les contributions des institutions de l’Union européenne. Elle demeure toutefois légèrement supérieure au volume total de l’aide bilatérale destinée à l’ensemble des pays les moins avancés (PMA) dans le monde, estimé à 28,1 milliards de dollars.
Les données préliminaires de l’OCDE montrent d’autre part que l’aide publique au développement, toutes composantes confondues, a affiché un recul de 23,1 % en termes réels comparativement à 2024, soit la plus forte baisse jamais enregistrée dans l’histoire de l’APD.
Durant l’année écoulée, l’APD consentie par les pays membres du CAD et leurs associés s’est établie à 174,3 milliards de dollars, ce qui représente 0,26 % de leur revenu national brut (RNB) combiné, en baisse par rapport aux 215,1 milliards (soit 0,34 % du RNB) enregistrés en 2024.
L’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France représentent 95,7 % de la baisse totale. À eux seuls, les États-Unis sont à l’origine des trois quarts de ce recul, avec une APD en baisse de 56,9 % par rapport à 2024, sous l’effet de la politique « America First » de Donald Trump qui s’est notamment manifestée par le gel puis la suppression de plus de 83 % des programmes de l’USAID. L’Allemagne est ainsi devenue pour la première fois de l’histoire le premier fournisseur d’APD, avec un total de 29,1 milliards de dollars.
Un nouveau repli prévu en 2026
Huit des 34 pays membres du CAD ont maintenu ou augmenté leurs budgets d’APD, et quatre pays ont dépassé la cible de 0,7 % fixée par les Nations Unies pour le pourcentage du RNB consacré à l’APD, en l’occurrence le Danemark (0,72 %), le Luxembourg (0,99 %), la Norvège (1,03 %) et la Suède (0,85 %).
Les coupes budgétaires drastiques ont concerné les deux types de financements. L’APD bilatérale globale a diminué de 26,4 % pour s’établir à 126,4 milliards de dollars, du fait d’un recul marqué des dons. S’agissant de l’APD multilatérale, en recul pour la deuxième année consécutive, les baisses ont surtout touché les contributions de base au système des Nations Unies alors que les contributions à la Banque mondiale et aux banques régionales de développement ont augmenté.
Sur un autre plan, douze fournisseurs officiels non-membres du CAD ont déclaré un engagement total de 13,3 milliards de dollars au titre de l’APD, témoignant d’un engagement soutenu en faveur de la coopération pour le développement. Il s’agit notamment de la Turquie (7,52 milliards de dollars) et des Emirats arabes unis (3,41 milliards).
L’OCDE souligne par ailleurs que la baisse de l’APD suscite des inquiétudes concernant à la fois la marge de manœuvre budgétaire des pays en développement et l’efficacité, ainsi que le potentiel catalytique, de l’aide restante. Sur la base d’une enquête menée auprès des membres du CAD et d’informations officielles publiées, l’Organisation anticipe une nouvelle baisse de 5,8 % de l’APD en 2026, un taux qui ne tient pas compte de la crise actuelle au Moyen-Orient.
Agence Ecofin
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