Une guerre Chine-États-Unis ? Face à Donald Trump, Xi Jinping évoque un risque de « conflit » si la question de Taïwan « est mal traitée »

image-92-1024x650 Une guerre Chine-États-Unis ? Face à Donald Trump, Xi Jinping évoque un risque de « conflit » si la question de Taïwan « est mal traitée »

« La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines », a souligné le président chinois devant le milliardaire républicain, actuellement en visite à Pékin. L’évocation des sujets de discorde a débuté. Xi Jinping a prévenu Donald Trump ce jeudi 14 mai du risque de « conflit » entre la Chine et les États-Unis si la question de Taïwan est mal gérée. « La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines », a fait savoir le président chinois.

« Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et États-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a déclaré Xi Jinping, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire.

« L’indépendantisme taïwanais est incompatible avec la paix dans le détroit de Taïwan », qui sépare l’île de la Chine continentale, a souligné le dirigeant devant Donald Trump.

Un « avenir fabuleux »

Le président Donald Trump a pourtant promis à son homologue Xi Jinping un « avenir fabuleux » entre les États-Unis et la Chine, faisant assaut de propos conciliants loin des tensions multiples entre les deux puissances à l’ouverture d’un sommet aux enjeux globaux.

Malgré l’accueil avec pompe réservé à Donald Trump pour cette visite d’État, son hôte est resté dans un habituel et plus sobre registre, invoquant un historien de l’antiquité grecque, Thucydide, pour répéter que la Chine et les États-Unis devaient être « des partenaires, pas des rivaux ».

Dans le même temps, le gouvernement de Taïwan a affirmé ce jeudi que les États-Unis avaient exprimé leur « soutien clair et ferme » à l’île lors de ces discussions.

« La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan », a déclaré aux journalistes la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee. En outre, Taipei affirme considérer Pékin comme « l’unique risque » pour la paix régionale.

Des manœuvres militaires autour de l’île

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à « unifier » avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une prise de contrôle pacifique mais n’exclut pas le recours à la force.

Les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin mais pas avec Taipei. Ils sont toutefois le principal pourvoyeur d’armes de l’île, ce qui indispose les autorités chinoises, qui y voient une atteinte à la souveraineté nationale.

La Chine demande régulièrement aux États-Unis de ne pas soutenir militairement et diplomatiquement les autorités taïwanaises actuelles, issues d’un parti au credo traditionnellement indépendantiste.

Pékin a intensifié ses manœuvres militaires autour de Taïwan depuis 2016 et l’arrivée à la présidence de l’île de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024, tous les deux catégoriquement opposés aux revendications chinoises.

Visite en grande pompe

Au-delà du caractère exceptionnel de la visite, la première d’un président américain depuis celle que Donald Trump avait lui-même effectuée en 2017, le sommet est largement présenté comme l’occasion pour les deux parties de maintenir une certaine stabilité entre les deux premières puissances économiques mondiales et de ne pas envenimer les crises existantes.

Xi Jinping a déroulé le tapis rouge à Donald Trump à son arrivée au monumental Palais du Peuple, haut lieu du pouvoir jouxtant au cœur de la capitale l’immense place Tian’anmen pavoisée aux couleurs chinoises et américaines.

Après avoir passé en revue une garde militaire au son d’une salve de canons, puis salué une foule d’enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant « bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue ! », Xi et Trump sont rapidement entrés dans le dur des sujets qui fâchent.

« Les deux chefs d’État ont échangé leurs vues sur les grandes questions internationales et régionales, notamment la situation au Moyen-Orient, la crise en Ukraine et la péninsule coréenne », ont indiqué les Affaires étrangères chinoises.

Avant que les portes ne se referment sur les journalistes, Donald Trump, qui croit fort dans les relations personnelles entre puissants et affirme sa proximité avec Xi Jinping, a proclamé son « honneur d’être à (ses) côtés » et « l’honneur d’être (son) ami ». « Les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais », a-t-il dit.

Auteur : Le Parisien

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