En Afrique, la lutte contre la corruption ne cesse de s’améliorer depuis 2020 (Fondation Mo Ibrahim)

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Le rapport souligne de fortes disparités des niveaux de corruption entre les 54 pays africains. L’écart entre les scores des deux pays occupant le premier rang en 2025 et celui en queue de peloton s’élève à près de 70 points. La lutte contre la corruption en Afrique enregistre une dynamique globale positive depuis 2020, malgré des disparités extrêmement prononcées entre les différents pays du continent, selon un rapport publié le 8 juillet 2026 par la Fondation Mo Ibrahim.

Intitulé « Anti-Corruption : from decline to recovery », le rapport évalue l’efficacité des dispositifs de lutte contre la corruption au sein du gouvernement, de l’administration et du secteur privé dans l’ensemble des pays africains durant la décennie allant de 2016 à 2025, en s’appuyant sur la sous-catégorie « Anti-corruption » de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG).

La lutte contre la corruption constitue l’une des quatre sous-catégories du pilier « Sécurité et État de droit » de l’IIAG. Cette sous-catégorie se base sur 25 variables issues de plusieurs sources, dont l’Institut africain pour les politiques de développement, le réseau de recherche par sondage Afrobarometer, le Forum économique mondial, les ONG World Justice Project, Bertelsmann Stiftung et Varieties of Democracy, ainsi que la Banque mondiale.

Les variables sont regroupées en six indicateurs : mécanismes de lutte contre la corruption, absence de corruption dans les institutions de l’État, absence de corruption dans le secteur public, absence de corruption dans le secteur privé, procédures de marchés publics, et perception publique de la lutte contre la corruption. Chaque pays est noté sur une échelle allant de 0 (dispositif de lutte contre la corruption totalement inefficace) à 100 points (dispositif de lutte contre la corruption optimal).

La Fondation Mo Ibrahim, qui publie de façon biennale son évaluation des dispositifs de lutte contre la corruption durant le mois de juillet, souligne une amélioration globale très faible, mais réelle de la lutte contre la corruption durant la décennie écoulée. Le score moyen de l’Afrique dans ce domaine est passé de 38,6 points en 2016 à 39,1 points en 2025. Bien que cette augmentation de +0,5 point sur dix ans paraisse dérisoire, elle témoigne d’un renversement de tendance historique, avec une courbe en « U » (déclin puis redressement) au cours de la période sous revue.

Entre 2016 et 2020, les efforts anti-corruption sur le continent ont subi un net recul. Le score moyen de l’ensemble des pays africains est passé de 38,6 points en 2016 à 37,7 points en 2020 (-0,9 point). Entre 2020 et 2025, une dynamique de reprise plus soutenue s’est cependant amorcée, permettant ainsi à l’Afrique d’effacer ses pertes accumulées, le score moyen ayant gagné +1,4 point pour remonter à 39,1 points.

Des écarts très marqués

La trajectoire n’est pas toutefois uniforme. Les évolutions des scores varient considérablement d’un pays africain à l’autre, allant d’un gain de +26,3 points sur les dix dernières années aux Seychelles à une régression de -14 points aux Comores. Dans l’ensemble, la lutte contre la corruption s’est détériorée dans 28 pays, où vivent 58,8 % des citoyens africains. À l’inverse, 26 pays, qui abritent 41,2 % de la population du continent, ont enregistré une amélioration.

Le rapport met en lumière d’importants écarts de performance, révélant à la fois des modèles de réussite et des cas de déliquescence institutionnelle. Le Rwanda reste le pays africain le plus performant en matière de lutte contre la corruption depuis 2016, avec un score de 76,6 points en 2025, soit une hausse de +2,6 points au cours de la dernière décennie.

Dans le même temps, les Seychelles ont réalisé des progrès spectaculaires, avec un score en progression de +26,3 points, à 76,6 points, et un gain de 12 places au classement, la plus forte progression parmi tous les pays. Cela a valu à cet État insulaire de l’Océan indien de partager la première place avec le Rwanda. Avec un score de 65,7 points, la République de Maurice occupe la troisième marche du podium en 2025, devant le Sénégal (64 points), le Bénin (58,7), le Botswana (57,8), la Namibie (57,6), le Cap-Vert (56,1), la Tunisie (55,9) et le Burkina Faso (55,6).

Le pays classé en dernière position en matière de lutte contre la corruption est le Soudan du Sud, avec un score de 6,9 points seulement en 2025, en baisse par rapport aux 11,6 points enregistrés en 2016. L’écart entre les deux pays en tête du classement et celui en queue de peloton s’est ainsi élevé à 69,7 points.

Les cinq pays ayant enregistré les plus fortes améliorations au cours de la dernière décennie sont les Seychelles, l’Angola, le Tchad, la Somalie et le Togo. Les Seychelles occupent actuellement la première place ex aequo avec le Rwanda. La Somalie occupe actuellement la 53e place avec un score de 14 points, mais son évolution sur dix ans incite à un optimisme prudent. Les trois autres pays ayant progressé se situent au milieu ou en bas de tableau : le Togo (17e), l’Angola (29e), le Tchad (41e).

Les cinq pays ayant connu les pires détériorations depuis 2016 sont les Comores (41e en 2025), le Liberia (32e), l’Afrique du Sud (15e), le Niger (29e) et le Botswana (6e).

Walid Kéfi (Agence Ecofin)

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