
L’annonce de l’accord pétrolier établi entre les États-Unis et le Venezuela a rappelé l’enjeu crucial que représente l’exploitation du pétrole, dont les réserves sont inégalement réparties au niveau mondial.
Première source d’énergie dans le monde, le pétrole est une ressource rare et disputée, au croisement d’enjeux à la fois économiques, politiques et énergétiques. Alors qu’une poignée de pays se partage le plus gros des réserves mondiales de pétrole brut, il n’est pas rare que des négociations soient menées entre les États pour le contrôle de cette ressource.
Dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août, les États-Unis et le Venezuela ont annoncé avoir conclu un accord pétrolier d’une ampleur inédite, celui-ci permettant à Washington de prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils issus des réserves vénézuéliennes.
Possédant près d’un cinquième de ces dernières, le Venezuela est sans conteste le plus pourvu en or noir. Selon les données de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la plupart des autres gisements d’importance se trouvent au Moyen-Orient.
Venezuela – 303 milliards de barils
Arabie Saoudite – 267 milliards
Iran – 209 milliards
Irak – 145 milliards
Émirats arabes unis – 113 milliards
Statista rappelle que les chiffres de l’OPEP ne tiennent pas compte des réserves du Canada, qui s’élèvent à 171 milliards de barils selon le gouvernement canadien et placent donc le pays au quatrième rang de ce classement.

A titre comparatif les États-Unis, à la 9e place, détiennent 45 milliards de barils. Toutefois, ils étaient les premiers producteurs de pétrole en 2024, avec 18,2% de la production mondiale à leur actif.
Malgré ses réserves colossales, le Venezuela, lui, n’a contribué qu’à hauteur de 1,3%. Sa production est estimée à environ 1 million de baril/jour (mbj) contre environ 3,5 mbj il y a 25 ans. Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait chuter ce chiffre après un pic à plus de trois millions au début des années 2000.
Un marché instable
Si le Venezuela possède un tel trésor énergétique, cela ne signifie pas nécessairement que le pays a les moyens techniques et financiers pour l’exploiter pleinement. Le pétrole vénézuélien est en effet de qualité moindre et finit généralement transformer en diesel ou en sous-produits comme l’asphalte, et non en essence.
L’accord spectaculaire passé fin août entre Washington et Caracas vient rebattre les cartes d’un secteur énergétique fortement bouleversé. Depuis son arrivée au pouvoir après la capture de Nicolas Maduro par les forces militaires américaines en janvier, la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez a cherché à ouvrir le pays aux investissements étrangers dans le secteur énergétique.
Donald Trump entend, lui, relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage, alors que les stocks stratégiques américains ont considérablement baissé ces derniers mois en raison des perturbations engendrées par le conflit au Moyen-Orient.
Auteur : Cnews
Partagez :