Une nouvelle étude jette le doute sur la résilience du café robusta face au changement climatique

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Du café au cacao, en passant par le thé, les principales cultures tropicales subissent les effets du réchauffement climatique. La hausse des températures et des épisodes extrêmes fragilisent les rendements, la qualité des récoltes et la viabilité des zones de production.

Et si le café robusta n’avait jamais été constitué une alternative plus résistante que l’arabica à l’heure du changement climatique ? C’est la question que pose franchement une étude publiée le jeudi 27 août et intitulée « The Sustainability of Robusta Coffee Under Global Change — A Review ». S’il reconnaît que cette variété de grains à teneur en caféine plus élevée tolère mieux la chaleur que son homologue utilisé principalement dans les mélanges torréfiés et moulus, Aaron Davis, auteur principal de la publication et chercheur en chef des Jardins botaniques royaux de Kew, au Sud-Ouest de Londres souligne que cette espèce de café demeure sensible à la sécheresse.

« Avec le changement climatique, les précipitations deviennent plus imprévisibles, tant en volume qu’en calendrier. Les sécheresses peuvent devenir plus longues et plus sévères, tandis que la hausse des températures assèche les sols. Les affirmations concernant la résilience climatique du robusta sont trompeuses, soit parce qu’elles ne reposent pas sur des preuves scientifiques solides, soit parce que les travaux scientifiques n’ont pas été menés correctement, soit parce que les discours et l’idéologie promus ne reflètent pas la réalité vécue par les producteurs de robusta. Sans une humidité suffisante du sol tout au long de l’année, le robusta n’atteint pas son potentiel de rendement, ne produit aucune récolte ou meurt. C’est une réalité dérangeante, mais incontournable », a-t-il confié à l’Agence Ecofin.

Quelles implications pour le continent africain ?

Pour l’Afrique, berceau du robusta et région où il est cultivé dans plusieurs pays, cette nouvelle étude soulève des questions importantes. La variété est naturellement associée aux forêts tropicales humides d’Afrique centrale et occidentale, et sa production commerciale se concentre dans des zones chaudes bénéficiant de précipitations suffisantes tout au long de l’année.

L’Ouganda et la Côte d’Ivoire figurent parmi les dix pays qui assurent ensemble plus de 95 % de l’offre mondiale de robusta. Alors que plusieurs pays africains pourraient envisager le robusta comme un moyen de compenser les pertes attendues de production d’arabica à l’horizon 2050 et de répondre à l’évolution de la demande mondiale, l’expert appelle à la prudence.

« Nous devons repenser cette idée, collecter des données et prendre des décisions économiquement viables qui n’exposent pas davantage les petits exploitants agricoles aux risques. Certaines zones situées en Ouganda, en République démocratique du Congo, en République du Congo, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon et au Nigeria — ainsi que dans quelques autres pays d’Afrique de l’Ouest — présentent un potentiel. L’établissement de profils climatiques et l’analyse des sols devraient constituer le point de départ pour identifier les zones prioritaires de production de robusta pluvial, c’est-à-dire sans irrigation », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : « En Afrique, remplacer l’arabica par le robusta n’est pas une option viable dans la plupart des cas, car le robusta ne tolère pas une longue saison sèche, contrairement à l’arabica. Les possibilités de remplacer l’arabica par le robusta sont plus importantes en Amérique du Sud et dans d’autres régions où les températures augmentent mais où les précipitations demeurent abondantes. Dans plusieurs pays africains, nous commençons déjà à observer le remplacement du robusta par l’excelsa [Coffea dewevrei, une espèce découverte pour la première fois en République démocratique du Congo à la fin du XIXe siècle, Ndlr]. Au Liberia, l’intérêt se porte à nouveau sur le liberica mais le café Libex [un hybride de café créé par l’homme, Ndlr] pourrait être une culture plus adaptée. »

Agence Ecofin

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