
L’Afrique de l’Ouest est la deuxième région la plus peuplée d’Afrique après l’Afrique de l’Est. Alors que la majorité des pays de cette région sont des importateurs nets de produits alimentaires, les perspectives de croissance pour les fournisseurs étrangers sur ces marchés sont prometteuses.
Les États‑Unis programment une mission commerciale agroindustrielle à Accra, au Ghana, du 22 au 25 septembre 2026. L’annonce a été faite le jeudi 18 juin par le Service des affaires étrangères du Département de l’Agriculture (USDA) qui précise que l’ex‑Gold Coast servira de porte d’entrée pour attirer des partenaires dans l’ensemble de la sous‑région ouest‑africaine.
« Cette mission au Ghana est une occasion de présenter aux acheteurs de toute l’Afrique de l’Ouest les produits de la plus haute qualité que les agriculteurs, éleveurs et producteurs américains ont à offrir », a déclaré Luke J. Lindberg, Sous‑secrétaire au Commerce et aux Affaires agricoles étrangères de l’USDA.
L’ambition affichée est d’accroître les débouchés des producteurs américains sur des marchés en forte croissance dans la sous‑région, en ciblant des segments à fort potentiel tels que les viandes, les céréales, les produits laitiers, les ingrédients et produits alimentaires transformés, les produits halieutiques et forestiers, ou encore les vins et spiritueux.
Il faut noter que les missions commerciales agroindustrielles de l’USDA mettent directement en relation les exportateurs américains avec des acheteurs sur des marchés étrangers en forte croissance.
Des incertitudes sur les relations commerciales agricoles avec l’Afrique
Cette offensive commerciale s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement des exportations agricoles américaines en Afrique de l’Ouest, dans un contexte de débats sur l’avenir de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cet accord commercial, arrivé à expiration en septembre dernier, a été prorogé en février 2026 jusqu’à fin décembre prochain et est annoncé comme étant dans une phase expérimentale pour « moderniser le programme afin de l’aligner sur la politique America First du président Trump ».
Dans ce contexte, les acteurs agricoles américains tentent d’exploiter les fragilités de cette situation pour s’imposer davantage sur les marchés africains qui leur sont encore inaccessibles.
Le 1er juin dernier, par exemple, la Fédération des exportateurs de viande des États‑Unis (USMEF) a exhorté le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) à utiliser l’AGOA comme un levier afin d’obtenir un meilleur accès à plusieurs destinations africaines stratégiques. Parmi les cinq pays ciblés par cette campagne sur le continent, seul le Nigeria est situé en Afrique de l’Ouest.
Un peu plus tôt, en mai 2026, un lobby constitué d’une dizaine d’organisations agricoles américaines a également appelé l’USTR à utiliser l’AGOA comme levier pour encourager les pays africains à adopter des règles plus favorables aux produits issus des biotechnologies agricoles (Organismes Génétiquement Modifiés – OGM).
Des marges de manœuvre africaines variables
Alors que ces différentes offensives américaines pourraient intensifier la concurrence sur certains segments, leur impact dépendra fortement des stratégies nationales.
En Afrique de l’Ouest, des pays comme le Ghana ou la Côte d’Ivoire affichent une ouverture commerciale relativement importante, tandis que d’autres, comme le Nigeria, maintiennent des restrictions strictes sur certaines importations de viande pour protéger leurs filières locales.
Par ailleurs, plusieurs États de la sous-région investissent dans le développement de leurs propres chaînes de valeur agroalimentaires afin de réduire leur dépendance aux importations de produits agricoles.
Stéphanas Assocle (Agence Ecofin)
Partagez :