
Le Tribunal de première instance (TPI) de N’Zérékoré a été le théâtre, ce jeudi, d’une audience particulièrement suivie consacrée aux irrégularités constatées lors de la session 2026 des examens nationaux. Plusieurs affaires de fraude présumée ont été examinées, révélant l’ampleur des pratiques frauduleuses qui continuent d’entacher le déroulement des épreuves du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Certificat d’études élémentaires (CEE) en Guinée forestière.
Une collecte d’argent au cœur du dossier
L’affaire qui a le plus retenu l’attention concerne Daniel Guilavogui, délégué du centre d’examen DDG de Boma, et son secrétaire, Martin Kolié. Les deux hommes comparaissaient pour une présumée organisation de fraude lors des épreuves du BEPC.
Selon les éléments présentés par le ministère public à l’audience, les prévenus auraient mis en place un système de collecte d’argent auprès des candidats, dans le but déclaré de faciliter la fraude durant les épreuves. Les investigations ont révélé que neuf des onze salles que compte le centre d’examen avaient participé à cette collecte, pour un montant cumulé de 1,9 million de francs guinéens, remis directement au délégué Daniel Guilavogui.
Face au tribunal, les deux hommes n’ont pas nié les faits de collecte. Ils ont reconnu avoir organisé cette opération, mais ont tenu à préciser qu’aucune fraude n’avait, selon eux, été effectivement mise en œuvre lors du déroulement des épreuves.
Le parquet requiert une peine avec sursis
Malgré cette ligne de défense, le procureur de la République a estimé que les faits reprochés aux deux prévenus étaient suffisamment caractérisés pour justifier une condamnation. Il a ainsi requis à l’encontre de Daniel Guilavogui et de Martin Kolié une peine de trois ans d’emprisonnement assortie du sursis, accompagnée d’une amende d’un million de francs guinéens pour chacun d’eux.
Dans son réquisitoire, le ministère public a néanmoins tenu compte d’un élément atténuant : la coopération des deux prévenus tout au long de l’enquête, qui a permis d’établir plus aisément les circonstances de l’affaire.
Au terme des débats, le tribunal a choisi de mettre sa décision en délibéré. Le verdict dans cette affaire est attendu ce vendredi 10 juillet 2026, une échéance qui sera scrutée de près par les acteurs du système éducatif local, tant elle pourrait avoir valeur d’exemple pour les prochaines sessions d’examens.
D’autres dossiers de fraude jugés lors de la même audience
Cette affaire n’était pas la seule inscrite au rôle de cette audience consacrée aux fraudes aux examens nationaux. Le tribunal s’est également penché sur plusieurs autres dossiers, aux issues contrastées.
Ainsi, Massé Touré, également poursuivi pour fraude présumée, a bénéficié d’une relaxe. Le tribunal a en effet estimé que les charges retenues contre lui n’étaient pas suffisamment établies pour fonder une condamnation, et lui a accordé le bénéfice du doute.
La situation s’est révélée bien différente pour Aimé Malomou, reconnu coupable d’avoir organisé une fraude lors des épreuves du Certificat d’études élémentaires (CEE). Les faits qui lui sont reprochés concernent la diffusion, via l’application de messagerie WhatsApp, du sujet d’Éducation civique et morale (ECM), une pratique qui avait permis à des candidats d’accéder frauduleusement au contenu de l’épreuve avant ou pendant son déroulement.
Enfin, le tribunal s’est prononcé sur le cas de Sophie Kolié, candidate au BEPC, qui avait été surprise en possession d’un téléphone portable à l’intérieur d’une salle d’examen, en violation flagrante du règlement encadrant le déroulement des épreuves. Reconnue coupable, elle a été condamnée à trois mois d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une amende d’un million de francs guinéens.
Un signal fort adressé aux acteurs du système éducatif
Ces différentes décisions, rendues au cours d’une même audience, illustrent la volonté des autorités judiciaires de N’Zérékoré de sanctionner fermement les pratiques frauduleuses qui gangrènent régulièrement les examens nationaux, qu’elles soient le fait de candidats ou de personnels d’encadrement censés garantir l’intégrité des épreuves.
L’implication d’un délégué de centre et de son secrétaire dans cette affaire de collecte d’argent souligne par ailleurs la vulnérabilité du dispositif organisationnel des examens face à des tentatives de contournement orchestrées de l’intérieur même des centres censés en assurer la surveillance.
Le verdict attendu ce vendredi dans l’affaire Guilavogui-Kolié sera scruté avec attention, tant il pourrait donner le ton des futures décisions judiciaires face à ce type de pratiques.
Texte en partie généré par l’IA et revu par la rédaction
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