Transparence budgétaire : seuls 16 pays africains répondent aux exigences minimales des États-Unis

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Alors que plusieurs États africains cherchent à attirer plus de financements internationaux malgré des finances publiques sous pression, Washington évalue la transparence budgétaire des pays éligibles à son aide extérieure afin de s’assurer d’une utilisation rigoureuse des fonds publics américains.

Seize gouvernements africains figurent parmi ceux qui respectent les exigences minimales en matière de transparence budgétaire, tandis que neuf États font des progrès significatifs dans ce domaine, selon un rapport publié le 11 août par le département d’État des États-Unis.

Intitulé « Fiscal Transparency Report 2026 », le document évalue les pratiques budgétaires des gouvernements de 139 pays et de l’Autorité palestinienne durant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025, en se basant sur des informations provenant des ambassades et consulats américains, d’autres agences gouvernementales américaines, d’organisations internationales et d’organisations de la société civile. Ces pays sont tous éligibles à l’aide extérieure de Washington (aide au développement, aide humanitaire traditionnelle, programmes ciblés de coopération militaire et de sécurité).

27 pays du continent affichent des progrès lents ou stagnent

Les pays africains qui se conforment aux exigences minimales américaines en matière de transparence budgétaire sont le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie, Maurice, le Maroc, la Namibie, le Rwanda, les Seychelles, l’Afrique du Sud, la Tunisie et l’Ouganda. Ceux qui réalisent des progrès significatifs dans ce domaine sont le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, l’Éthiopie, le Liberia, la Libye, le Niger, Sao Tomé-et-Principe et le Sénégal.

Les 27 autres États africains évalués affichent des progrès lents ou stagnent en matière de transparence fiscale. Il s’agit, entre autres, de l’Algérie, de la RD Congo, de l’Égypte, du Mali, du Mozambique, de la Zambie et du Zimbabwe.

Le rapport souligne par ailleurs que les évaluations de la transparence budgétaire des gouvernements récipiendaires d’une assistance des États-Unis peuvent varier d’une année à l’autre, en raison notamment de l’obligation légale américaine de mettre à jour et de renforcer les conditions de base en la matière, de l’évolution des performances de ces gouvernements en matière de gestion des finances publiques ou de nouvelles informations obtenues par le Département d’État.

Ce que mesure réellement le rapport américain

Les critères retenus sont l’accès du public aux documents budgétaires ainsi qu’aux informations relatives à la dette souveraine, aux marchés publics et aux contrats portant sur l’extraction des ressources naturelles. Ces registres doivent être fiables, complets (ventilation des dépenses par ministère et des recettes par source et par type) et transparents.

Les pays couverts sont classés en deux grandes catégories : États qui respectent les exigences minimales en matière de transparence budgétaire et nations qui ne se conforment pas à ces prérequis. Ces derniers se subdivisent en deux catégories : ceux qui progressent de manière significative et ceux dont les améliorations sont lentes ou peu notables.

Ces évaluations annuelles de la transparence budgétaire des gouvernements bénéficiaires de l’aide américaine visent à garantir que les fonds des contribuables américains sont utilisés à bon escient. Elles ne représentent pas un classement des pays étudiés en fonction de leur niveau de transparence budgétaire.

Le rapport note que les évaluations ne constituent pas un indicateur de corruption, même si le manque de transparence budgétaire peut constituer un facteur favorisant la corruption. Le fait qu’un gouvernement respecte les standards en matière de transparence budgétaire ne signifie pas nécessairement que le pays présente un faible niveau de corruption. De même, le fait qu’un gouvernement ne se conforme pas aux prérequis en matière de transparence budgétaire ne reflète pas nécessairement un niveau élevé de corruption.

Walid Kéfi (Agence Ecofin)

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