On ne peut plus parler de sécurité alimentaire sans évoquer les semences de maïs hybride

image-44 On ne peut plus parler de sécurité alimentaire sans évoquer les semences de maïs hybride

Le 16 octobre, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation, le thème retenu « Innover aujourd’hui pour nourrir demain » invite à regarder l’agriculture non plus seulement comme une activité de production, mais comme l’un des principaux leviers de sécurité alimentaire, de résilience climatique et de développement économique.

En Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), cette réflexion prend une dimension particulière. La région dispose d’un potentiel agricole immense, mais reste confrontée à une équation complexe : nourrir une population en forte croissance, améliorer les revenus des producteurs et produire durablement dans un contexte marqué par l’irrégularité des pluies et la gestion des ressources naturelles.

Face à cette équation complexe, une question s’impose : comment produire davantage tout en préservant les ressources dont dépend notre avenir ?

Produire plus ne suffit plus. Il faut produire mieux, avec des solutions capables d’augmenter la productivité, de préserver les ressources naturelles et de rendre les exploitations agricoles plus résilientes. L’innovation devient ainsi un impératif stratégique. Elle permet d’augmenter durablement la productivité sur les terres déjà exploitées, contribuant ainsi à protéger les forêts, les ressources en eau et les espaces naturels qui constituent un patrimoine précieux pour les générations futures.

Les petits exploitants agricoles jouent un rôle essentiel dans les systèmes alimentaires africains. Dans le même temps, l’agriculture représente environ 16 % du PIB de la région, tandis que près de la moitié de la population active y trouve son emploi (chiffres 2025).

Face aux défis climatiques et économiques, l’innovation doit adresser les besoins des agriculteurs à savoir l’accompagnement des agriculteurs par le partage des connaissances, l’accompagnement des producteurs, la digitalisation, les nouveaux modèles de partenariat et l’accès à des solutions adaptées aux réalités locales.

Chez Bayer, cette conviction s’inscrit dans notre mission : « Health for All, Hunger for None », c’est-à-dire contribuer à un monde où la santé est accessible à tous et où personne ne souffre de la faim. Dans le domaine agricole, cette ambition passe par des innovations capables d’améliorer durablement les rendements, les revenus et la résilience des producteurs.

L’une de nos innovations représente le socle même de la production : la semence. Avec près de 20 millions d’hectares cultivés en maïs, l’AOC possède déjà l’une des plus grandes bases de production céréalière du continent. Pourtant, les faibles rendements observés dans la région continuent d’alimenter une dépendance aux importations agricoles. Le véritable potentiel de croissance ne réside donc pas dans l’expansion des surfaces cultivées, mais dans la capacité à produire davantage sur les terres déjà exploitées grâce à l’innovation, notamment les semences hybrides et les bonnes pratiques agricoles.

Nos semences de maïs hybrides DEKALB sont conçues pour offrir aux producteurs un haut niveau de qualité, un excellent taux de germination, une bonne vigueur à la levée, une meilleure uniformité des plants et une forte adaptabilité aux conditions agroécologiques locales.  Lorsque les bonnes pratiques agricoles sont respectées, les variétés DEKALB peuvent exprimer un potentiel de rendement supérieur à 10 tonnes par hectare. Au-delà de la performance au champ, la qualité du grain représente aussi un avantage important : riche en protéines et en éléments nutritifs, il répond à la fois aux besoins de la consommation humaine, de l’alimentation animale notamment l’aviculture, la pisciculture, la porciculture et des usages agro-industriels.

Mais une semence performante ne suffit pas à elle seule. Pour transformer durablement l’agriculture, l’innovation doit être accessible, comprise et intégrée dans un environnement favorable. C’est pourquoi nous développons dans plusieurs pays de la région une approche fondée sur les écosystèmes agricoles, réunissant producteurs, coopératives, distributeurs, institutions financières, acheteurs et partenaires techniques autour d’un même objectif : créer davantage de valeur pour les agriculteurs.

Cette vision se matérialise notamment à travers l’initiative Better Life Farming (BLF) qui offrent aux producteurs un accès de proximité à des intrants de qualité, des conseils agronomiques, des solutions de financement et des débouchés commerciaux. En Côte d’Ivoire, cette approche a déjà permis d’ouvrir 35 centres BLF. Dans certains contextes d’accompagnement, les données disponibles font état de hausses de rendement pouvant atteindre 150 %, avec un passage observé de 3,5 tonnes à 8 tonnes par hectare.

Mais, l’impact va bien au-delà de la performance agricole. Nos initiatives accordent une attention particulière à l’autonomisation des femmes et à l’inclusion des jeunes, convaincus que la transformation durable des systèmes alimentaires passera nécessairement par leur leadership et leur engagement.

L’innovation, c’est aussi le transfert de connaissances. Chaque année, des milliers de producteurs sont formés dans la région aux bonnes pratiques agricoles, environnementales et phytosanitaires. En Côte d’Ivoire, seulement en 2026, Bayer a ainsi déjà formé plus de 10 000 agriculteurs aux bonnes pratiques agricoles et à l’utilisation responsable des intrants. Cette démarche se renforce avec le programme Safe Use Ambassador, lancé au Nigeria et en Côte d’Ivoire, qui vise à former des ambassadeurs de l’utilisation sûre et responsable des semences traitées et des produits de protection des cultures. En travaillant avec des écoles et universités agricoles, ce programme sensibilise les étudiants, les techniciens et les futurs décideurs du monde rural aux pratiques de sécurité, de « stewardship” et de protection de l’environnement.

La sécurité alimentaire ne pourra être assurée par un seul acteur. Gouvernements, secteur privé, organisations paysannes, institutions financières, centres de recherche et partenaires au développement ont tous un rôle à jouer.

Pour donner corps à cette ambition, nous devons accélérer l’adoption des innovations, investir davantage dans des chaînes de valeur agricoles locales plus compétitives et construire des partenariats plaçant l’agriculteur au centre des solutions.

Innover aujourd’hui pour nourrir demain n’est donc pas seulement un thème. C’est une responsabilité collective, mais aussi une opportunité de faire de l’agriculture africaine un moteur de sécurité alimentaire, de création de valeur et de progrès durable.

Innocent Konan, Managing Director & Commercial Lead, Bayer West & Central Africa (Tribune)

Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *