
La victime avait frôlé la mort après ce crime barbare survenu en août 2023. Déjà condamné à cinq reprises par la justice, l’accusé risque aujourd’hui la réclusion criminelle à perpétuité. Oumar Ndiaye, 21 ans, est jugé à partir de ce mercredi 11 mars 2026, et ce jusqu’à jeudi, devant la cour d’assises de la Manche, à Coutances, pour viol avec torture ou actes de barbarie. L’audience se déroulera à huis clos.
Les faits se sont déroulés à Cherbourg le 4 août 2023 au matin. Ce vendredi-là, Mégane, une jeune femme de 29 ans habitant seule au deuxième étage d’un immeuble du centre-ville, est réveillée aux alentours de 8 h par quelqu’un qui tambourine à sa porte. Pensant qu’il s’agit d’un voisin qui s’est trompé, elle ouvre sans se méfier.
Son agresseur, qu’elle avait déjà aperçu mais ne connaissait pas, se rue sur elle puis la frappe au visage et sur tout le corps. Il la viole ensuite à plusieurs reprises, en utilisant notamment un manche à balai de 75 centimètres. Avant de prendre la fuite, l’individu prend soin de lui donner une fausse identité puis lui lance : « Si tu parles, je te tue ».
Grièvement blessée, Mégane — employée dans une structure prenant en charge des personnes handicapées — parvient à prévenir sa collègue par message, puis téléphone aux pompiers. Transportée aux urgences, les médecins diagnostiquent une perforation du côlon, de l’intestin grêle, du péritoine et du diaphragme, un pneumothorax, des fractures aux côtes et un risque élevé de choc septique. Opérée pendant six heures, la victime est plongée dans un coma artificiel dont elle sortira environ un mois plus tard.
Profil de l’accusé : « Ni empathie ni remords »
Les policiers ont interpellé Oumar Ndiaye, alors âgé de 18 ans, chez sa mère une semaine après le crime. Son identification a été rendue possible grâce au Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) et à la géolocalisation de son téléphone portable.
En garde à vue, le suspect n’avait exprimé ni empathie pour la victime, ni remords. À l’âge de 18 ans, il affichait déjà un casier judiciaire chargé : cinq condamnations par le juge des enfants et le tribunal pour enfants pour atteintes aux biens et violences. Il était également connu pour des signalements de nature sexuelle, dont une procédure de viol sur mineur en 2019 classée sans suite, et une enquête en cours pour agression sexuelle sur sa sœur.
De son côté, Mégane est retournée vivre chez sa mère après sa sortie de l’hôpital. Suivie psychologiquement et sous antidépresseurs, elle ne sort plus seule et n’a pas repris le travail. Elle a également dû abandonner toute pratique sportive.
Le procès, qui s’achève ce jeudi, pourrait permettre de lever certaines zones d’ombre, notamment sur la préméditation des faits : l’accusé serait déjà venu frapper à sa porte quatre mois avant le crime.
Avec Le Figaro
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