Cas Almamy Bocar Biro : l’identité des crânes que la France va restituer à la Guinée

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L’annonce des autorités guinéennes des démarches visant à restituer à notre pays le crâne du dernier Almamy du Fouta Djallon, Almamy Boubacar Biro Barry, a créé une onde de choc. Selon des informations du Ministère de la Culture, ce sont quatre crânes, gardés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, qui vont être restitués à la Guinée.

Les crânes en question sont ceux de l’Almamy, de son fils Mody Sory, de son frère Thierno Siré et de l’un de ses chefs de guerre, Satigui Môdou.

« Quatre crânes ont été identifiés au sein des collections du Muséum national d’Histoire naturelle (Musée de l’Homme), à Paris :

• celui de l’Almamy Bokar Biro (inventorié HA-19655, sous l’orthographe « Byro » — variante qui explique pourquoi les équipes ne parvenaient pas à le retrouver) ;

• celui de son fils, Mody Sory (HA-19656) ;

• celui de son frère, Tierno-Siré (HA-20006) ;

• celui de l’un de ses chefs de guerre, Satigué Modou (HA-20008) ».

Le Ministère de la Culture précise que le retour de ces restes donnera lieu à des funérailles pour rendre hommage aux défunts, victimes de la barbarie de la colonisation française. « Conformément aux traditions et coutumes guinéennes, ces restes ne seront pas exposés dans un musée. Ils reviendront avec tous les honneurs dus au rang de ces personnages historiques. De grandes funérailles seront organisées, ponctuées d’oraisons funèbres rendant hommage à l’Almamy et à ses compagnons, avant leur inhumation ».

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Il est à rappeler que l’Almamy Boubacar Biro Barry n’a pas reçu l’hommage et la reconnaissance dus à son rang. Il fut un farouche opposant à la pénétration coloniale. La dernière bataille qu’il a menée eut lieu à Porédaka (Mamou), dans la matinée du samedi, 14 novembre 1896. Il fit face aux troupes du commandant Beckman, appuyées par des gens comme Modi Sory Yilili, Modi Amadou et Alpha Ibrahima Fougoumba, qui avaient pactisé avec les envahisseurs. Le fils de Biro, Modi Sory, fut tué là, à la bataille de Bomba, à 2 kilomètres de Missidé Porédaka. Sa tombe s’y trouve encore, à quelques pas du village de Sâbâto.

Trahi par les siens, victime de la supériorité de l’armement des envahisseurs français, Boubacar Biro Barry dû battre en retraite après la bataille de Porédaka. Il sera pourchassé et rattrapé quelques jours plus tard à Bôtôré, une localité relevant de la sous-préfecture de Niagara. Il y trouva la mort. Ses frères du Fouta, Modi Amadou et Modi Sory Yilili vont le décapiter pour donner sa tête aux colons. Les Français le prirent comme un trophée de guerre dans un contexte de main mise sur le Fouta et sur toute l’Afrique Occidentale, avec en ligne de mire l’exploitation des richesses de l’Afrique.

Alpha Ben Alimou  

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