
Dans une lettre officielle publiée sur ses canaux digitaux, l’activiste béninois Kemi Seba raconte comment son exfiltration d’Afrique du Sud a échoué. Tout a commencé en mars 2026, quand un « ami policier béninois, par ailleurs sympathisant de son travail politique », l’informe qu’Interpol l’a localisé en Afrique du Sud, mais ignore où il se trouve à l’intérieur du pays.
Le policier lui conseille alors de quitter l’Afrique du Sud. Le patron de l’ONG Urgences panafricanistes commence donc par chercher un moyen de prendre le large.
L’idéologue du Kremlin Alexandre Douguine accepte de l’exfiltrer
Il n’était malheureusement plus question de prendre par un aéroport au risque d’être cueilli, sans coup férir.
« En gardant comme toujours en période de hauts risques, mon sang-froid, je demandai dès lors à mes très nombreux contacts africains qui pourrait nous exfiltrer mon fils et moi. Nombreux étaient ceux prêts à nous accueillir un peu partout, bien plus que je pouvais l’imaginer, mais aucun n’était logistiquement organisé en cette période, selon leurs dires, pour nous exfiltrer d’Afrique du Sud », a déclaré Kemi Seba.
Le Béninois s’est alors tourné vers ses partenaires géopolitiques d’Amérique du Sud et du Moyen Orient. Mais ces derniers étaient mal en point. Il a finalement dû demander de l’aide à Alexandre Douguine, un intellectuel et très influent idéologue du Kremlin.
Ce dernier a promis de le tirer d’affaires. « Quelques jours à peine après notre discussion, il me revient en me confirmant qu’il a trouvé une solution. Ses éléments de confiance vont me contacter. Cela ne tarde pas. Le 10 avril 2026, un certain Rémi m’appelle. Son nom, il me le dit plus tard, est un pseudo. Il est russe. Il me téléphone de la part de Douguine. Rémi m’explique qu’il arrivera pour me prendre avec mon fils le 12 avril. Que tout est organisé », raconte Kemi Seba.
Destination Moscou, selon le plan
Comme prévu, le 12 avril, il débarque avec un de ses compatriotes avec qui il était deux jours auparavant à Moscou.

« Il m’explique le plan. Ils (les Russes) ont des gens pour nous exfiltrer, nous faire traverser discrètement la frontière du Zimbabwe, et là-bas, un avion russe nous attendra et nous amènera dans un premier temps à Moscou où nous resterons quelques jours avec Douguine. J’y ferai à cette occasion un certain nombre d’interviews, et ensuite un autre avion russe nous emmènera au Niger, partenaire diplomatique important de la Russie. Et une fois au Niger, suite à ma requête, si le gouvernement du CNSP le veut et le peut, ils verront s’il est nécessaire et pertinent que j’aille en RDC », a fait savoir l’activiste.
« Vingt minutes après l’arrivée des deux Russes à mon domicile », poursuit Kemi Seba, « deux frères zoulous qui travaillent pour une première boîte de sécurité recrutée pour nous accompagner, arrivent. Ils se déclarent par ailleurs partisans de Julius Malema. Ce sont eux qui sont chargés de nous accompagner les premières heures. Les deux Russes, Rémi et son collègue, nous disent que l’on se retrouvera au Zimbabwe. Les deux frères zoulous nous transportent dans leur véhicule et nous déposent dans un hôtel entre Johannesburg et Pretoria », raconte le natif de Strasbourg.
L’intervention des services secrets blancs
Dans le courant de l’après-midi du 13 avril 2026, les deux frères zoulous conduisent le panafricaniste et son fils sur le parking d’un centre commercial de Pretoria.
Deux autres Caucasiens plus jeunes que Rémi et son collègue les attendent.
« Eux-mêmes, qui sont dans leur voiture, attendent l’autre fameuse boîte de sécurité qu’ils ont personnellement sollicitée pour nous faire passer la frontière », indique l’activiste.
Quelques minutes plus tard, tout s’enchaîne. « Des voitures surgissent de nulle part à la vitesse du son. Les frères zoulous et les deux Caucasiens me disent qu’apparemment il s’agit de la boîte de sécurité chargée de nous faire traverser la frontière jusqu’au Zimbabwe. Les frères Zoulous sortent donc les bagages de la voiture avant de partir. De ces voitures qui viennent de surgir sortent plusieurs hommes cagoulés. Ils prennent nos bagages rapidement, puis nous installent dans leur voiture et démarrent. Tout va très vite. Personne ne nous parle pendant le trajet. Au bout de dix à quinze minutes environ, ils se garent devant un bâtiment que je n’arrive pas à identifier. Ce n’est qu’en sortant de la voiture avec mon fils que je réalise ce qu’il se passe. Deux blancs quinquagénaires nous accueillent. Ils se présentent : ils sont membres des services secrets sud-africains », raconte Kemi Seba.
Des Boers nationalistes infiltrés
Les hommes cagoulés qui sont venus le récupérer lui et son fils sur le parking ne sont en réalité pas des employés de la boîte de sécurité chargée de les faire traverser la frontière, mais une unité policière agissant sous couverture travaillant pour les « agents secrets sud-africains blancs ».
L’activiste panafricain découvre aussi que les « deux jeunes Caucasiens au teint pâle qui attendaient avec lui et son fils sur le parking étaient des Boers nationalistes « travaillant apparemment avec la Russie. Ils étaient surveillés et infiltrés à un haut degré depuis longtemps par ces services secrets pour leurs activités politiques dans le pays.
Auteur : Bernardin Patinvoh (Seneweb)
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