Yomou : la pénurie de carburant s’aggrave, le marché noir dicte sa loi

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Depuis plusieurs jours, la pénurie de carburant devient de plus en plus préoccupante dans la préfecture de Yomou, au sud-est de la Guinée. Face à la rareté de l’essence dans les circuits officiels, les habitants se tournent massivement vers le marché parallèle, communément appelé marché noir, où les prix flambent malgré les tentatives des autorités locales pour réguler la situation, rapporte l’Agence guinéenne de presse (AGP).

Dans la ville, le litre de carburant se négocie désormais entre 15.000 et 20.000 francs guinéens chez les revendeurs informels, soit largement au-dessus du tarif officiel appliqué dans les stations-service. Cette hausse brutale des prix pèse lourdement sur les usagers, notamment les conducteurs de motos-taxis, les transporteurs et les petits commerçants qui dépendent quotidiennement du carburant pour leurs activités.

La station 10-16, considérée comme l’unique station-service fonctionnelle de la localité, continue pour sa part de respecter le prix homologué par les autorités. Mais les quantités disponibles restent insuffisantes pour satisfaire la forte demande des consommateurs. Très tôt le matin, de longues files d’attente se forment devant la station, où plusieurs citoyens passent des heures dans l’espoir d’obtenir quelques litres d’essence.

Selon certains revendeurs rencontrés sur place, les difficultés d’approvisionnement seraient liées aux perturbations observées sur les axes de ravitaillement en provenance de N’Zérékoré et du Libéria voisin. Plusieurs d’entre eux expliquent que le transport du carburant devient de plus en plus coûteux et compliqué, une situation qui favoriserait automatiquement la hausse des prix sur le marché parallèle.

« Nous aussi, nous achetons cher avant de revendre. Le carburant se fait rare partout actuellement », confie un vendeur ambulant de carburant installé au centre-ville de Yomou, interrogé par nos confrères.

Du côté des habitants, la colère et l’inquiétude grandissent. Beaucoup dénoncent une crise récurrente qui revient régulièrement sans solution durable. Certains estiment que cette pénurie affecte déjà plusieurs secteurs de la vie économique locale, notamment les déplacements, le transport des marchandises et les activités génératrices de revenus.

« Chaque fois qu’il y a rupture, ce sont les citoyens qui souffrent le plus. Les prix augmentent et personne ne contrôle réellement le marché noir », déplore un conducteur de taxi-moto.

Malgré les annonces et les efforts des autorités locales pour lutter contre la spéculation et assurer un meilleur approvisionnement de la ville, la situation demeure tendue sur le terrain. En attendant un retour à la normale, les populations continuent de subir les conséquences de cette nouvelle flambée des prix du carburant à Yomou.

La rédaction

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