11-Septembre : 25 ans après, les chiffres vertigineux d’un monde entré en guerre

image-54-1024x683 11-Septembre : 25 ans après, les chiffres vertigineux d’un monde entré en guerre

Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, les chiffres racontent à eux seuls une partie de l’histoire : près de 3000 morts aux États-Unis ce jour-là, puis des millions de personnes tuées dans les guerres qui l’ont suivi. Les dépenses militaires engagées par Washington sont stratosphériques. Retour en chiffres sur le basculement du 11 septembre 2001 et ses conséquences dans le monde.

2 977 morts

C’est le nombre de personnes tuées lors des attentats du 11-Septembre, à New York, au Pentagone et à bord du vol 93 qui s’est écrasé en Pennsylvanie. À New York, 2 753 personnes sont mortes. Au Pentagone, 184. Les 40 passagers et membres d’équipage du vol 93 ont été tués lorsque l’appareil s’est écrasé dans un champ de Pennsylvanie. Les 19 terroristes qui ont détourné les quatre avions ne sont pas comptabilisés dans ce bilan.

19 pirates de l’air

Les quatre avions ont été détournés par 19 membres d’al-Qaïda. Parmi eux, 15 étaient saoudiens, deux émiriens, un égyptien et un libanais.

7 octobre 2001 : l’intervention en Afghanistan

Moins d’un mois après les attentats, les États-Unis lancent leur intervention militaire en Afghanistan. Washington accuse les talibans, au pouvoir à Kaboul, d’abriter Oussama Ben Laden et al-Qaïda. Le 7 octobre 2001, les premières frappes américaines et britanniques commencent. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas adopté de résolution autorisant explicitement cette intervention. Washington invoque le droit de légitime défense, prévu par l’article 51 de la Charte des Nations unies.

Printemps 2003 : l’invasion de l’Irak

Un an et demi plus tard, le 20 mars 2003, les États-Unis envahissent l’Irak. George W. Bush accuse alors le régime de Saddam Hussein de détenir de prétendues « armes de destruction massive ». Ces armes ne seront jamais découvertes. Là encore, aucune résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’autorise explicitement le recours à la force contre l’Irak.

Du contre-terrorisme aux guerres post-11-Septembre

Après l’Afghanistan et l’Irak, les opérations militaires américaines et alliées s’étendent à d’autres théâtres, notamment au Pakistan, à la Syrie, au Yémen, à la Somalie, à la Libye et aux Philippines. Pour l’université américaine Brown, les « guerres post-11-Septembre » désignent les opérations militaires américaines et les autres programmes gouvernementaux menés dans le cadre de la « guerre mondiale contre le terrorisme » lancée après 2001.

Plus de 940 000 morts directement liés aux guerres

Selon le « Costs of War Project » de l’université Brown, plus de 940 000 personnes sont mortes directement des violences de guerre dans les conflits post-11-Septembre. Ce bilan comprend des civils, mais aussi des combattants des différents camps, des membres des forces de sécurité alliées, des contractuels, des journalistes et des travailleurs humanitaires. Brown estime à plus de 432 000 le nombre de civils parmi ces morts directs.

Jusqu’à 4,7 millions de morts en incluant les conséquences indirectes

Les morts directement causés par les combats ne constituent qu’une partie du bilan. Les guerres entraînent également des morts liés à la destruction des systèmes de santé, des infrastructures, des économies, ainsi qu’à la faim et aux maladies. Brown estime à 3,6 millions ou 3,8 millions le nombre de morts indirects dans les zones de guerre post-11-Septembre. En additionnant morts directs et indirects, l’université estime le bilan total s’élève à 4,5 millions ou 4,7 millions de morts, un chiffre qui continue par ailleurs à augmenter. Brown précise toutefois que le nombre exact de victimes reste impossible à établir.

38 millions de personnes déplacées

Autre conséquence : les déplacements de populations. Plus de 38 millions de personnes ont été déplacées par les guerres post-11-Septembre en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, aux Philippines, en Libye et en Syrie. Il s’agit à la fois de personnes réfugiées ayant fui leur pays et de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Plus de 8 000 milliards de dollars

Le coût financier est lui aussi vertigineux. Selon Brown, le gouvernement fédéral américain avait, jusqu’en 2021, dépensé ou était engagé à dépenser plus de 8 000 milliards de dollars pour les guerres post-11-Septembre. Cette estimation comprend notamment les dépenses militaires, les dépenses liées aux anciens combattants et au coût de la dette.

Et la justice ?

Vingt-cinq ans après les attentats, une autre question se pose : qui a été condamné pour le 11-Septembre et qui a été poursuivi pour les crimes commis pendant les guerres qui ont suivi ? Aux États-Unis, le Français Zacarias Moussaoui est à ce jour le seul individu condamné par une juridiction américaine en lien avec les attentats du 11-Septembre. Il avait plaidé coupable en 2005 et a été condamné en 2006 à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

Pour les crimes commis pendant les guerres qui ont suivi, la situation est beaucoup plus complexe. La Cour pénale internationale a notamment enquêté sur la situation en Afghanistan. Ses investigations portent sur des crimes présumés commis par différents acteurs, notamment les talibans, les forces afghanes et, dans certains cas, des membres des forces américaines et de la CIA. La CPI a également examiné la situation en Irak et au Royaume-Uni, notamment les allégations de crimes commis par des militaires britanniques. Cet examen préliminaire a été clos en 2020. Mais ni l’ancien président américain George W. Bush, ni le Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair, n’ont été inquiétés.

Zéro mandat d’arrêt contre Bush ou Blair

C’est le dernier chiffre de cette chronologie : zéro. Zéro mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale contre George W. Bush ou Tony Blair pour les crimes présumés liés aux guerres post-11-Septembre. Une absence qui pose, 25 ans après, une question toujours ouverte : la justice pénale internationale est-elle capable de poursuivre les dirigeants des grandes puissances occidentales lorsqu’ils sont soupçonnés d’avoir engagé ou conduit des guerres au cours desquelles des crimes ont été commis ?

Radio France Internationale (RFI)

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