Tuberculose : de nouveaux vaccins pourraient sauver 7,3 millions de vies d’ici 2050 (Gavi)

image-76 Tuberculose : de nouveaux vaccins pourraient sauver 7,3 millions de vies d’ici 2050 (Gavi)

Des vaccins de nouvelle génération contre la tuberculose pourraient arriver sur les marchés à partir de 2029. Selon une nouvelle analyse soutenue par Gavi, l’Alliance du Vaccin, leur déploiement dans les pays à revenu faible et intermédiaire, notamment africains, permettrait d’éviter jusqu’à 7,3 millions de décès entre 2030 et 2050 et de générer jusqu’à 135 milliards de dollars de bénéfices économiques.

« Ces vaccins antituberculeux innovants pourraient devenir un nouvel outil incontournable de la vaccination, mais ils n’atteindront leur plein potentiel que si nous pouvons garantir un approvisionnement suffisant, prévisible et abordable aux pays qui en ont le plus besoin », a déclaré la docteure Sania Nishtar, directrice exécutive de Gavi.

La tuberculose reste l’une des principales causes de décès liées à une maladie infectieuse. En 2024, 10,7 millions de personnes ont développé la maladie dans le monde et 1,23 million en sont mortes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le continent africain représentait environ 25 % des nouveaux cas, soit 2,7 millions de personnes.

La région a néanmoins enregistré des progrès. Entre 2015 et 2024, l’incidence de la tuberculose y a reculé de 28 % et les décès de 46 %, même si cette baisse reste insuffisante pour atteindre les objectifs internationaux.

Un enjeu d’accès et de production

Si le BCG, le seul vaccin actuellement homologué, présent depuis un siècle, protège surtout les nourrissons et les jeunes enfants contre les formes graves de tuberculose, son efficacité contre la tuberculose pulmonaire chez les adolescents et les adultes reste limitée. Ce sont justement ces populations que ciblent les nouveaux candidats. Gavi estime que les pays à revenu faible et intermédiaire pourraient représenter une demande moyenne de 86 millions de schémas vaccinaux par an. Les besoins seraient plus élevés durant les premières années, notamment dans les pays à forte charge de morbidité.

Pour éviter que l’arrivée de ces vaccins ne se traduise par une pénurie, l’organisation, basée à Genève, en Suisse, veut agir sur trois fronts : sécuriser les volumes et les prix, préparer les programmes nationaux de vaccination et soutenir une production concurrentielle et diversifiée.

Prudence face aux attentes

La cible des 7,3 millions de vies sauvées repose toutefois sur une modélisation, et non sur des décès déjà évités. Le scénario suppose notamment une efficacité de 50 % du vaccin et une diminution progressive de la protection sur dix ans.

À cet égard, l’un des candidats, M72/AS01E, a montré une efficacité d’environ 50 % pendant trois ans chez des adultes infectés par Mycobacterium tuberculosis (la bactérie responsable de la maladie), mais la protection à plus long terme reste inconnue. L’OMS souligne également que son efficacité chez les personnes non infectées, les adolescents et les personnes vivant avec le VIH doit encore être établie.

Plusieurs autres candidats

M72/AS01E n’est du reste pas le seul candidat avancé. Selon une revue publiée en 2026, 18 vaccins antituberculeux étaient en développement clinique, dont six en phase 3. À ce stade, les candidats sont testés sur plusieurs milliers de personnes afin d’évaluer leur efficacité contre la maladie et de surveiller leurs effets indésirables sur une population plus importante.

Parmi eux figurent MTBVAC, VPM1002, GamTBvac et MIP. MTBVAC fait actuellement l’objet d’un essai de phase 3 chez plus de 7 000 nouveau-nés en Afrique du Sud, au Sénégal et à Madagascar. Un essai de phase 2b évalue également ce candidat chez environ 5 500 adolescents et adultes en Afrique du Sud, au Kenya et en Tanzanie.

La future stratégie africaine ne dépendrait donc pas d’un seul vaccin. Les autorités devront arbitrer entre plusieurs candidats en fonction de leur efficacité, de la durée de protection, du prix, des populations ciblées et des capacités de production.

Enfin, le vaccin devra aussi trouver sa place parmi les stratégies déjà disponibles, notamment les traitements préventifs courts contre la tuberculose. En 2024, 5,3 millions de personnes présentant un risque élevé de tuberculose ont commencé un traitement préventif dans le monde.

Agence Ecofin

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