
La Guinée reconduit à 11 % le taux de son emprunt obligataire, alors que le montant recherché progresse de 67 % sur un an. Après deux émissions totalisant 3 500 milliards GNF en 2024 et 2025, l’État sollicite davantage l’épargne locale pour financer ses besoins.
La Guinée a lancé le samedi 26 septembre une nouvelle opération d’appel public à l’épargne destinée à mobiliser 2500 milliards de francs guinéens (GNF), soit environ 284 millions $ sur le marché national. Les souscriptions sont ouvertes jusqu’au 23 octobre, avec un montant minimum fixé à 5 millions GNF. Les titres offrent un taux d’intérêt annuel de 11 % sur une maturité de cinq ans.
Ce taux est identique à celui de l’emprunt lancé en 2025, qui portait sur 1500 milliards GNF sur cinq ans. En 2024, l’État avait recherché 2000 milliards GNF sur six ans, avec un taux de 12,5 %. Entre 2024 et 2026, la rémunération proposée aux investisseurs a donc baissé de 1,5 point de pourcentage, tandis que le montant recherché atteint désormais 2500 milliards GNF.
Un emprunt plus important
L’écart est particulièrement marqué entre 2025 et 2026. Le montant recherché augmente de près de 67 %. Mariama Cire Sylla (photo), ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a elle-même présenté cette progression comme un défi pour la mobilisation de l’épargne nationale.
L’enjeu dépasse ainsi la seule question du coût de la dette : le marché financier et le système bancaire guinéens disposent-ils d’une épargne suffisante pour absorber une émission plus importante sans que les investisseurs exigent une rémunération supérieure ?
La réponse dépendra notamment de la participation des banques, des compagnies d’assurances, des entreprises et des particuliers. L’opération de 2026 est ouverte à ces différentes catégories de souscripteurs. Son issue permettra de mesurer la capacité du marché local à absorber un appel à l’épargne plus important aux conditions proposées.
Afriland First Bank reconduite comme arrangeur et chef de file
Pour structurer et placer cette nouvelle émission, Afriland First Bank Guinée a été reconduite comme arrangeur principal et chef de file. L’établissement avait déjà participé aux précédentes opérations obligataires de l’État et coordonne cette fois la mobilisation des banques et autres acteurs financiers. Guy Laurent Fondjo, son directeur général, a réaffirmé l’engagement de la banque dans cette opération.
Agence Ecofin
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