
Africa Forward. Un Sommet entre la France et l’Afrique qui se tient les 11et 12 mai 2026 à Nairobi au Kenya. Un sommet qui parlera économie et politique, d’ailleurs deux faces d’une même médaille, la première étant le pilier de la seconde et cette dernière étant orientée par la première. Un sommet qui se tiendra loin du pré-carré français africain, une entité dont le président français a dit, contrairement aux faits, qu’il n’existait plus depuis son arrivée aux affaires en 2017. Un sommet qui se tient pour la première fois sous une appellation autre que France-Afrique, et qui plus est, en anglais. Un sommet qui est également le premier sous l’ère Macron, avec la participation des têtes couronnées, elles qui avaient été sevrées de champagne et de camembert en 2021, le « grand sachem blanc » ayant décidé, à l’époque, de n’inviter que des délégués de la société civile à Montpellier. Un sommet où, Emmanuel Macron qui fait encore la passe à Nairobi où il se rend, après 2019, pour la deuxième fois, devenant le premier président français à se rendre dans ce pays qui a accédé à la souveraineté internationale en 1963.
C’est certain, le coq gaulois est en train de se trouver une autre basse-cour, après avoir longtemps fait le fier avec les poules héritées de la colonisation ! Et ça sera tant mieux pour les relations internationales, si Africa Forward ne se tient pas au Kenya que parce que c’est un pays où la France n’est chargée d’aucun passif colonial, comme c’aurait été le cas en Afrique francophone ou arabophone, où le péché originel de la colonisation et de la néo-colonisation avait fini par en faire « persona non grata ». Pays dont le modèle touristique n’est plus à vanter, le Kenya se présente également comme une terre de bonnes affaires et d’ouverture vers ses voisins, pour de nombreuses entreprises françaises. Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! Selon des statistiques évoquées par nos confrères de RFI, de la trentaine en 2012, les entreprises françaises sont passées à environ 140 de nos jours. Et comme Emmanuel Macron est le défenseur des intérêts français, ceci explique aisément le choix du Kenya pour cette rencontre qui va conjuguer économie et politique.
Emmanuel Macron dont le pays, sur fond de sentiment anti-français, a été chassé de bien des pays africains, en l’occurrence, le Mali, le Burkina Faso et le Niger qui affichent désormais leur souveraineté assumée, au sein de la Confédération des Etats du Sahel (AES), s’ouvre donc de nouveaux horizons, notamment anglophones, qui, il doit le savoir, sont plus pragmatiques mais réellement portés vers les partenariats gagnants-gagnants. Ils ne s’accommoderont guère de ce paternalisme, encore moins de cette arrogance dont fait montre régulièrement le président français à qui prête le flanc !
Question : quelle sera la langue « number one » de travail à Nairobi ? Si les traducteurs et autres interprètes seront très sollicités, les dirigeants et chefs d’entreprises, francophones purs et durs, seront-ils contraints de signer des contrats rédigés dans la langue de Shakespeare ? C’est connu, si les francophones sont prêts à réaliser des efforts, parfois, surhumains pour dépoussiérer leurs cahiers d’anglais du secondaire, les anglophones eux, sont rarement dans les mêmes prédispositions pour se mettre au français ! Difficile de leur donner tort, le monde des affaires ne comprend plus, visiblement, que l’anglais !
En tout cas, les conséquences dévastatrices des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient et du blocus dans le Détroit d’Ormouz, tout comme le terrorisme en Afrique, les guerres au Soudan et dans l’est de la République démocratique du Congo, doivent pouvoir trouver place au menu, auprès de la défense des intérêts des entreprises françaises au Kenya, car, sans la paix, pas d’affaires, même si certains savent tirer des profits colossaux des détonations des obus !
Par Wakat Séra (Burkina)
*Do you speak English : parlez-vous anglais
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