Netanyahu : la guerre n’est « pas finie », il faut « retirer » l’uranium iranien

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La guerre en Iran n’est « pas finie » car il faut encore « retirer d’Iran » les stocks d’uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d’une interview diffusée dimanche, 10 mai 2026.

La guerre « a permis d’accomplir beaucoup de choses, mais elle n’est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l’uranium enrichi – qui doivent être retirées d’Iran », a-t-il dit, ajoutant qu’il restait également « des sites d’enrichissement à démanteler ».

Interrogé pour savoir comment il comptait « sortir » l’uranium d’Iran, il a déclaré : « On y va et on le sort. »

« Ce que le président Trump m’a dit, c’est : +Je veux y aller. » Et je pense que c’est physiquement possible. Ce n’est pas là le problème. Si on a un accord, qu’on y va et qu’on le sort, pourquoi pas ? C’est la meilleure solution », a-t-il ajouté.

« On finira par le récupérer (…) on le surveille de près », a déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

« Si quelqu’un s’approche de l’endroit, on le saura, et on le fera sauter », a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

– 441 kilos –

Le sort de l’uranium enrichi détenu par l’Iran est l’un des enjeux au cœur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d’une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran disposait alors de 441 kilos d’uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

Le stock de 60% était réparti sur trois sites : Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l’absence d’inspections de l’AIEA : est-il enfoui comme l’affirme Téhéran ? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite ?

« Si c’est l’Agence internationale de l’énergie atomique qui se charge (de récupérer l’uranium, NDLR), ça nous va aussi », a dit le ministre américain de l’Energie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

– « Comme un échafaudage »

Benjamin Netanyahu a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, « comme un échafaudage », des supplétifs de l’Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

« Est-ce possible ? Oui. Est-ce certain ? Non », a-t-il répondu.

« L’Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire », a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l’arsenal militaire de Téhéran.

« La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles », a-t-il déclaré, refusant d’en dire plus.

M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) l’aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant « à zéro », au moment où des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

« Je crois qu’il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire », a-t-il estimé. « Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans ».

Auteur : Agence France Presse (AFP)

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