
En juin 2007, Rachelle Wrathmall est poignardée à mort chez elle, à Lennoxville. Pour la police, aucun doute : le coupable est son mari, Raphiou Sow. Pourtant, 19 ans plus tard, l’homme court toujours. Notre journaliste Isabelle Hachey a remonté le fil de l’enquête, une traque qui l’a menée jusqu’en Afrique de l’Ouest.
Chapitre 7 : un rapport d’autopsie trompeur
« L’autopsie dit qu’elle est morte le 29 juin. C’est faux. »
Donna Wrathmall en est convaincue : sa sœur Rachelle a été tuée le jeudi 28 juin 2007. Parce que c’est ce jour-là que Rachelle a cessé de donner signe de vie. Ce n’était pas dans ses habitudes : « Elle m’appelait tous les matins, au travail. Elle m’appelait tout le temps », insiste Donna.
Que Rachelle Wrathmall soit morte le jeudi ou le vendredi pourrait n’être qu’une précision dérisoire dans cette affaire survenue il y a 19 ans à Lennoxville. C’est pourtant une pièce maîtresse du casse-tête. Un élément qui explique, en partie, pourquoi le meurtre de la Sherbrookoise de 31 ans demeure à ce jour irrésolu.
Inquiète de ne plus recevoir de nouvelles, Donna se rend chez Rachelle vers 16 h, le vendredi 29 juin 2007, pour y découvrir le corps sans vie de sa sœur. La pathologiste judiciaire qui examine l’état du cadavre, ce soir-là, détermine que Rachelle a été tuée le matin même.
Jacques Lavigne, alors enquêteur à la Sûreté du Québec, se souvient : « La pathologiste nous a induits en erreur, parce qu’elle disait que le décès remontait à plus ou moins 12 heures. » Au vendredi matin, donc.
Or, le suspect, Rafiou Sow, a pris la poudre d’escampette le jeudi soir. Les enquêteurs le découvriront plus tard, en visionnant les images des caméras de vidéosurveillance de l’aéroport Montréal-Trudeau : on le voit prendre un vol pour Casablanca à 21 h 15 précises.
« Rafiou Sow n’était plus au Québec, le vendredi matin ; il ne pouvait donc pas y avoir poignardé sa femme, Rachelle Wrathmall, ce jour-là ». C’est l’un des constats qui ont mené la procureure aux poursuites criminelles et pénales à ne pas déposer d’accusation contre lui.
Selon Jacques Lavigne, c’est Anny Sauvageau, alors pathologiste au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal (LSJML), qui a pratiqué l’autopsie sur le corps de Rachelle Wrathmall.
Lire la suite ici : Meurtre de Rachelle Wrathmall | Comment l’enquête s’est enlisée
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