Mondial-2026 : tensions diplomatiques et colère sociale montent à J-2 de l’ouverture

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Un arbitre somalien refoulé à son entrée aux Etats-Unis, des spectateurs iraniens possiblement privés de billet… la politique migratoire américaine cause de grosses tensions à deux jours du début du Mondial-2026 à Mexico, où une fronde sociale menace de perturber le match d’ouverture.

Problèmes de visas et arbitre refoulé

Depuis lundi, les tensions se multiplient autour de la stricte politique migratoire américaine, embarrassant la Fifa qui ne peut que constater les dégâts et explique dans un communiqué transmis à l’AFP qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».

Le couac le plus retentissant concerne l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé par la police américaine des frontières samedi à son arrivée à Miami (Floride) en provenance d’Istanbul. Ecarté par la Fifa, il a déploré auprès du New York Times que « le plus grand rêve de (sa) vie » ait volé en éclats.

La Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux Etats-Unis par l’administration de Donald Trump, a défendu mardi « l’intégrité » de son arbitre, assurant que celui-ci disposait d’un visa en règle.

Quant au patron de l’équipe de la Maison Blanche chargée de l’organisation du Mondial, Andrew Giuliani, il a assuré que le refoulement de l’arbitre somalien avait été motivé par « une très bonne raison », sans préciser laquelle.

D’autres pays ont connu des problèmes administratifs à leur arrivée aux Etats-Unis: c’est le cas selon le Guardian de l’Irak, dont l’attaquant vedette Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide.

L’Iran dans le flou

Dans le contexte brûlant de la guerre déclenchée au Moyen-Orient à la suite de l’offensive israélo-américaine sur l’Iran le 28 février, la « Team Melli » poursuit tant bien que mal sa préparation dans son camp de base mexicain de Tijuana.

Après une période d’incertitude sur leur participation, les joueurs et l’encadrement iraniens ont bien reçu leurs visas pour les Etats-Unis où ils doivent disputer leurs trois premiers matches, mais plusieurs accompagnants ont eux vu leur demande refusée, dont le président de la fédération Mehdi Taj.

Et ils se rendront bien finalement à Los Angeles le 14 juin, par vol charter, à la veille d’entrer en lice contre la Nouvelle-Zélande prévu le 15 juin, a annoncé mardi le porte-parole de la Fédération iranienne.

Un rendez-vous très attendu par la massive communauté iranienne présente dans la cité des Anges. Pourtant les supporters pourraient faire les frais des tensions géopolitiques avec les Etats-Unis, la Fédération iranienne ayant accusé les Etats-Unis de lui avoir retiré son quota de tickets pour le Mondial, contrairement au règlement de la Fifa qui attribue des places à chaque pays pour ses matches.

Ça gronde à Mexico

A deux jours du début de la compétition dans la capitale mexicaine, c’est dans un climat social particulièrement tendu que les préparatifs continuent.

Des milliers de manifestants, exigeant des augmentations de salaire et l’abrogation d’une loi sur les retraites, bloquent mardi le principal accès au stade Aztèque où doit se dérouler jeudi la cérémonie et le match d’ouverture Mexique-Afrique du Sud.

Des milliers de policiers ont été déployés aux abords du stade et des barrières en béton ont été installés en travers de la route, tandis qu’un appel à manifestation a déjà été lancé pour jeudi.

La présidente Claudia Sheinbaum, qui a promis une cérémonie d’ouverture à Mexico « dans la paix », a qualifié de « provocation » ces protestations, mais a exclu pour l’heure de donner l’ordre à la police de les réprimer.

Les favoris assurent, les stars se soignent

Côté sportif, les favoris ont assuré lors de leurs derniers matches de préparation.

La France a aisément disposé de l’Irlande du Nord (3-1), portée par un triplé de Michael Olise lundi soir à Lille. Et l’Espagne, championne d’Europe a battu le Pérou (3-1) sans Lamine Yamal. L’attaquant, touché à la cuisse droite, devrait selon son sélectionneur être apte pour le premier match de la Roja face au Cap-Vert le 16 juin.

Un élan moins optimiste entoure Neymar, s’agissant de la première rencontre du Brésil samedi contre le Maroc, même si sa blessure à un mollet « évolue bien », selon la Confédération brésilienne de football. En attendant, Neymar, 34 ans, dit se sentir « comme un gamin qui va à sa première Coupe du monde » dans un documentaire.

Autre vétéran en délicatesse avec son corps (tendon d’Achille), Lionel Messi jouera peut-être quelques minutes avec les champions du monde argentins, opposés en soirée à l’Islande à Auburn (Alabama) pour boucler leur préparation.

Agence France Presse (AFP)

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